‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 207 sur 239 · LB COMTE DARGENSON AU DUC FRANÇOIS V · texte numérisé non relu

LB COMTE DARGENSON AU DUC FRANÇOIS V

MONSIIUB,

J'aurois tout quitté ici pour aller encore parler à M. de Parabère, bien qu'il soit fort important d'achever promptement le département des tailles, où nous travaillons, si je n'avois cru qu'il étoit absolument nécessaire de savoir auparavant vos intentions sur ce que M. le Tellier m'a écrit, par une dépêche du a8 du mois passé, deux jours devant la sienne du dernier du même mois, qui accompagne celle du Roi qu^il vous a plu de m'envoyer, que * quand Sa Majesté m'a mandé qu'EUe trouve bon que M. de Parabère tire une plus grande récompense* que celle des deux cent cinquante mille livres, c'est pourvu que vous en conveniez, et que ce soit de vos deniers, et que Sa Majesté n'a jamais entendu et n'entend pas que ce soit aux

Lbtxbb 7. — Diaprés une pièce qui est aux Archives des affaires éuungères, Tolume Poitou^ i6o5-i65o : Toyez la lettre précédente. Le comte d'Argenson était, comme il nous Fapprend, occupé, à Thouars, de la répartition de la taille.

I. Que dépend de m'a écrit ^ dont le sépare une longue incise. La dernière phrase de Talinéa est encore plus embarrassée : voyez ci-après, la note 3.

9. C'est le mot du temps pour prix d'jude charge, dW office, prix payé comme dédommagement de la cession.Voyez au tome II, p. 448 et note i, un emploi remarquable du verbe récompenser.

i4B LETTRES.

^ dépens du Roi, et qu'il sera bien à propos que je vous le fasse entendre de la sorte à chacun de vous, si j'ai à entrer plus avant dans votre accommodement. Ce sont les mêmes termes de cette dépêche qui m'ôtent tout sujet de rien faire espérer à M. de Parabère du côté de la cour ensuite de ce traité, dont je ne puis d'ailleurs lui parler qu'aux termes qui me sont prescrits par la dernière dépêche de Sa Majesté, où* encore que l'on écrive assez clair par ces paroles qui m'ordonnent de lui faire connoître que Sa Majesté sera bien aise que votre traité s'achève, et qu'il y apporte, de son côté, toutes les facilités raisonnables, et que l'ordre qu'il aura eu de demeurer en Poitou* lui en doive faire penser davantage, je doute fort qu'il veuille consentir à passer un traité conforme à celui que vous avez fait ensemble à Blois, et pour le même prix, sans un ordre plus exprès, ou bien il seroit devenu d'autre sentiment que je ne l'ai trouvé la dernière fois.

Néanmoins, si vous êtes résolu de ne lui donner rien au-dessus des deux cent cinquante mille livres et de ne rien aussi changer à votre traité ancien, j'irai le voir et lui parler, lorsque j'aurai su de vos nouvelles. Que si vous vous résolvez à lui donner quelque chose de plus que les deux cent cinquante millf livres, je ménagerai ce qu'il vous plaira de me prescrire avf c plus de soin que s'il avoit à sortir de ma bourse. Cependaat j'envoie à M. de Parabère la dépêche du Roi qui lui ordonne de demeurer en Poitou pour son service, de crainte qu'il partît pour Paris, et lui fais aussi connoître comme l'intention de Sa Majesté est que votre traité s'achève et qu'il y apporte de son côté toutes les facilités, pour les considérations que je lui ai fait entendre autrefois, et je prends l'excuse véritable de ne pouvoir l'aller entretenir de quelques jours, à cause du département des tailles que je fais en ces élections, et que je ne puis quitter sans faire un préjudice notable aux affaires du Roi.

3. Cet adverbe relatif forme une construction plutôt latine ou grecque que française. Le sens est, en coupant et dégageant la phrase : « Quoique, dans cette dépêche, on s*exprime assez clairement quand on m^ôrdonne, etc., je doute fort que.... »

4* Au manuscrit, ici et plus bas, Poictou, puis, dans le postscriptum, Poietiers.

APPENDICE 1. a/t9

Je suis, avec la passion que je dois, MonsieuTi votre très- ^g humble et très-obéissant serviteur.

Signé : Abginson.

Tbouars, ii octobre i644«

Je ^ VOUS écris d'autre main pour vous donner moins de peine à lire ma mauvaise écriture. J'ai eu bien du regret que Mme de Puizieux* ait passé à Poitiers sans qu'elle m'ait donné le moyen de la voir, n'ayant su son arrivée qu'après son partement, lorsqu'elle est allée vous visiter.

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