‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 212 sur 239 · II. LE MARQUIS DB SILLERY AU DUC · texte numérisé non relu

II. LE MARQUIS DB SILLERY AU DUC

▲ Madrid, ce 6 août [i65o].

Celle-ci ne sera pas longue, parce que je vous ai ëcrit hier si amplement et de choses si nécessaires que vous sachiez, que je n'ai rien à ajouter. Mais comme je veux que vous receviez sûrement ma grande lettre, peut-être ne Taurez-vous qu'après celle-ci, par laquelle je vous assurerai que nous partons d'ici lundi^ et que les vaisseaux et l'argent sont prêts à Saint-Sébastien. Nous ferons toute la diligence possible, et si nos secours vous arrivent trop tard, vous vous en prendrez, s'il vous plaît, à vous-même, ainsi que vous verrez par ma grande lettre, et beaucoup plus clairement lorsque je vous verrai. Songez à faire recevoir le baron de Batteville à Bordeaux, et sans cela n'espérez rien : ce que je vous dis est la vérité même; mais avec cela espérez tout. En voilà assez jusques à ce que vous receviez ma grande lettre, et que je vous voie. L'armée de mer a paru vers le détroit, et, avant cela, nous vous irons trouver, assez forts pour être maîtres et sur mer et sur la rivière. Dieu veuille qu'il soit assez ii temps !

Suscription : A Monsieur Monsieur le duc de la Rochefoucauld.

i3. C'est-à-dire, c'est faux : voyez 'le Dictionnaire de M. Littrc, à Particle Abus, 7».

Lettre i i . — D'après l'autographe, qui est à la Bibliothèque nationale, Mcuiutcrit Clairambault 460, p. 45^48 (dont deux blanches) ;. un cachet conservé. Voyez la lettre précédente.

La Rochefoucauld, m, i 17

a58 LETTRES.

i65o xa. -* [la duchesse de loicgueville au duc

[Stenay, 26 novembre i65o.]

Jb n'écris point à Solon {Montreuil ^) cet ordinaire ', parcè^ que je lui ai écrit plusieurs fois par la voie du Nonce, et qu'il ne m'a point encore fait de réponse par là, de sorte que j'en attends, devant que de lui écrire de nouveau. Je vous supplie de lui faire savoir l'état de Taffaire de M. de Lorr[aine] ', afin qu'il

Lettre 13. —Revue sur une copie conservée à la Bibliothèque nationale. Manuscrit Claîrambault 460, p. 178 et 179; la lettre était incluse dans une autre de Mme de Longuerille à la princesse Palatine, du a6 novembre i65o {ibidem^ p. 169-178), et ann<Micée ainsi : a On m*a prié de tous supplier de &ire tenir cette lettre à M. Heunond (Roehef,'*), Je pense qu*elle est de son père ou de sa mère. » Elle a été publiée pour la première fois par V. Cousin dans le Journal des Savants, avril i853, p. 287 (voyez cidessus, la Notice en tète du volume, p. 8 et 9). On sait qu^en novembre i65o, la duchesse de Longueville était à Stenay (Jfé^ moires^ p. 207 et note 4)1 et la Rochefoucauld à Verteuil (ibiiiem, p. ao7, et ai a, note i). — A propos de cette lettre et de la suivante, nous renvoyons le lecteur aux articles d^avril et de mai i853, du Journal des Savants, les deux derniers de la série de quatorze publiée par V. Cousin en i85i, i85a et i853.

I. La traduction est dans nos manuscrits, en toutes lettres ou en abrégé, au-dessus soit des pseudonymes, soit des chiffres. — Sur Montreuil ou Montreul, secrétaire du prince de Conty , voyez les Mémoires, p. a 18, note 3. Il fut un des correspondants de Mme de Longueville pendant qu elle était à Stenay : voyez le Journal des Savants, février i853, p. 96 et note 3.

a. Dans le manuscrit, cet ord^,

3. On lit dans les Mémoires de Mme de MotteviUe (tome III, p. a43], à la date de notre lettre :«.... Le duc de Lorraine (voyez ci-dessus, p. 66, note 16), que Mme de Longueville avoit gagné par les intelligences qu'elle avoit eues avec les Espagnols. »

" Voyez la note i qai suit. On retrouvera le nom à^Hesmond dans deux cita» tions de lettres à la Palatine (p. a6o, note i3, et p.a6a, note 8); mais nous verrons (p. a63) Mme de LonguevUIe, parlant à la Rocbsfoucauld lui-même, le désigner par le nom de M, de Beaulieu,

APPENDICE I. a59

la mande à Monsieur le Prince et Gonty *. J'ai oublie de vous prier de faire en sorte que le fils atnë de Mandane ^ {Mme de L.^) revienne du lieu où il est', car j'ai su qu*il n'y est pas trc^ bien; et puis pour mille conséquences, qui seroient trop longues à vous déduire, cela est plus à propos ; il faut, s'il tous plaît, le faire agréer à Belinde (Mme la Pr,)y et en parler à Mme de Bourgneuf ', lui prétextant ce retour sur ce que, les espérances que Ton auroit * de former un parti en Normandie étant perdues présentement ^*, il n'est plus nécessaire que cet enfant soit en lieu où on ne le connoisse pas ; pour la raison de sa sûreté, elle n'est plus considérable, car on ne lui veut pas plus de mal qu'à son frère ^^. Vous examinerez tout cela s'il vous plaît, et en userez comme vous le jugerez le plus à propos, car je soumets mon sens au vôtre en cela, comme je ferois en toute autre chose. Je vous devrois bien faire des excuses de vous entretenir comme cela de nos affaires domestiques, et de vous en donner le soin ; mais votre bonté supplée à ce que ma reconnoissance toute seule ne pourroit pas faire dignement ; tout de bon, je suis honteux *' cent fois par jour de toutes ces

4. Première rédaction : 3f, le P, de Conty\ de a été corrigé en et, — Les Princes avaient été transférés au Uayre le 1 5 novembre.

5. Charles d^Orlëans, né en 1646, ordonné prêtre en 1669, mort en 1694, siîué de Charles-Paris d'Orléans, comte de Saint-Paul, né en 1649, ^^é en 1673, au passage du Rhin.

6. Mme de Z., Mme de Longue ville; plus bas, Mme la Pr,^ pour Mme la Princesse (douairière). — Dans le texte de Cousin, vienne^ au lieu de revienne^ et, à la ligne suivante, raisons^ au lieu de coruéquenees,

7. C'est-à-dire de Chantilly, où il était avec la princesse douairière de Condé, la princesse de Condé et le duc d'Ënghien : voyez les Mémoires^ p. 178.

8. Sur Mme de Bourgneuf, gouvernante de Mme de Longueville, voyez les Mémoires du P. Rapin, tome I, p. i38 et note i.

9. Dans le texte de Cousin, que Pon avoit^ et, deux lignes plus bas, où Pon^ pour où o/i; puis de la, pour de sa {sûreté),

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