Cest ce que dit aussi (p. 116) la lettre 43, déjà citée
Trouvez" bon, je vous supplie, de foire pari de ce que je g^ vous mande à M. de Marchin.
ig. GOURVILLB A LBNBT.
AParby le 11* déecmbre i659.
Je ne puis pas m'empècher de vous témoigner encore que j'ai étë tout à fait fâche de n'avoir point pu vous aller voir. Mgr le prince de Marcillac part dimanche pour s'en aller, et moi avec lui. Je ne laisserai pas de vous écrire, en quelque lieu que ce soit, fort exactement tout ce qu'il y aura de nouvelles; prëparez-vous aussi à faire la même chose de votre côté, et adressez, s'il vous plaît, vos lettres à M. de Lagny, au cloître de Sainte-Opportune, près Sainte-Catherine^.
Je pense que vous avez su que Fuensaldagne * s'est retiré avec une partie des troupes, et que par là il a rendu M. de Turenne maître de la campagne et donné lieu à Monsieur le Cardinal d'espérer de faire quelque chose devant que de venir à Paris. Tous les jours on lui en fait voir le chemin ^lus difficile, et si bien, que présentement on ne sait pas quand il viendra.
i6. Cette dernière phrase est en post-scriptum, dans l'original, à gauche de la formule de politesse finale et de la signature.
LsnBB 19. ^* Manuscrits de Lenet, tome XI, fol. 54 et 55 ; cachets conservés. Cette lettre, quVnnonce la note i3 de la page 118, est de la main d'un copiste, à qui, sans doute, elle a été dictée par Gourrille. Bien qu'elle porte au dos la mention ordinaire : a M. de la Rochefoucault, » elle ne peut avoir été dictée parle duc, qui, à la date du II décembre i65a, n'était plus à Paris : Tojez la note 3 de la lettre prëcëdente, et surtout ci-après, p. %yZ,
I. Voyez p. 60, lettre a a et note 19. Dans la lettre aa, l'adresse indiquée est, non à M,^ mais à Mlle de Lagny ; il y a de plus ici la mention de Sainte^Catherme. L'église et l'hôpital de ce nom étaient situés rue Saint-Denis. L'hôpital n'avait été d'abord qu'une hôtellerie, VOstellerie Sainte-Opportune^ destinée à recevoir les nom. breux pèlerins qui visitaient l'église ; il avait pris plus tard le nom à^ Hôpital des pauvres de Sainte-Opportune ^ puis de Sainte-Catherine,
a. Voyez p. 84, lettre 39 et note 11.
U se prépare bien des choses dans le Parlement pour éclater à son arrivée.
Le bruit est fort que M. le cardinal de Retz agit puissamment pour se mettre en état qu'on ne le puisse plus chasser', et l'on m'a même assure qu'il pensoit tout à fait à s'accommoder avec Monsieur le Prince et se mettre, à Paris, à la tête de tous les amis de l'un et de l'autre et des mécontents de la cour, dont il est presque impossible que le nombre n'augmente pas par le peu de paroles qu'on est en état et en dessein de tenir à tous ceux à qui on n'a rien épargné pour promettre.
M. Damville part demain pour aller trouver Son Altesse Royale ^ ; mais je réponds bien qu'il ne lui fera point prendre d'autre parti que celui de se tenir en Touraine. Je l'ai vu en passant, et il m'a paru être fort résolu à n'avoir aucune déférence pour la cour, que la paix de Monsieur le Prince ne soit faite. J'ai vu aussi Mademoiselle dans de très-bonnes intentions, et le grand Beaufort aussi. Il ne faut pas attendre de tout cela de grandes entreprises, mais assurément il peut arriver telle chose qui donnera lieu à tout cela de faire des merveilles. Encore est-il bien juste que je me réjouisse avec vous de celles que vous faites à Bourdeaux : tout de bon, vous vous rendrez illustre. Je vous crois présentement bien maître de votre place, après tant d'entreprises découvertes. Je pense que vous ne mauquerez pas d'éclaircir fort ces Messieurs les entrepreneurs'; car il n'y a pas plaisir de se trouver souvent exposé à de semblables tours. M, de Châteauneuf en a pensé faire un bien
3. Nous voyons Retz, dans ses Mémoires (tome IV, p. 438), tenter, peu avant cette époque, de faire sa paix avec Mazarin, d'entrer en négociation avec lui. Mais il fut arrête, quelques jours après la date de cette lettre, le 19 décembre, au Louvre, dans Pantichambre de la Reine.
4. Le duc d'Orléans. Il est parlé dans la lettre 3g (p. 107) d*un semblable voyage de Damville « vers Son Altesse Royale, » à la fin d'octobre i65a.
5. Entrepreneurs, dans son ancien sens d'auteurs et conseillers d'entreprises, sens dont M. Littré donne des exemples à Tarticle de ce mot, i«. — Il a été déjà parié ci-dessus (p. 66, lettre a 4, note 31, et p. 368, note 11 de la lettre 17 de cet appendice) des intrigues de la petite cour de Bordeaux.
m&hant : il a ëtë à deux doigts de sa mort par une esquinancie, dont il se porte mieux*. Mgr de la Rochefoucauld a ëtë malmené trois ou quatre jours, mais, par ses dernières lettres, il se porte mieux ; il est arrivé à DamviUiers deux heures après Monsieur le Prince, qui ne lui a jamais tant témoigné de honte, d'amitié et de confiance sur toutes sortes de chapitres. Il affecta fort d'exagérer publiquement la netteté et la beauté du procédé^ de M. de la Rochefoucauld : enfin il n'oublia rien de tout ce qui pouvoit faire paroître la joie qu'il avoit de le voir dans ce pays-là. J'ai reçu un homme exprès de M. de la Rochefoucauld, qui me marque les intentions de Son Altesse sur la paix, qu'il témoigne désirer, pourvu qu'on veuille bien commencer par la générale et conclure en deux heures, sans aucune négociation, où il ne veut" jamais retomber. Devant que j'arrive à lui, je serai plus savant des intentions de la cour ou, pour mieux dire, du Cardinal : je vous en manderai des nouvelles et vous envoirai un chiffre par le premier courrier. Il se forme une puissante cabale contre M. le Tellier, qui se croit assez bien appuyé auprès de la Reine pour y pouvoir résister. Vous jugez bien que cela même ne plaira pas au Cardinal. Je n'écrirai point à notre ami ', et je prétends que ceci soit pour vous deux. Vous seriez d'injustes créatures l'un et l'autre, si vous ne m'aimiez pas, et si vous n'étiez persuadés que personne au monde ne vous est plus acquis.
Sttscription : A Monsieur Monsieur Lenet, à Bourdeaux.
6. Le marquis de Châteauneuf (voyez les Mémoires ^1^, 19, note 3) mourut Tannée suivante, le 16 septembre.
7. Voyez, dans la note i de la page sia de notre tome II, un passage des Mémoires dt Lenet^ où celui-ci se sert de cette même expression : <c la netteté de son procédé, » en parlant de la conduite du duc de la Rochefoucauld pendant le siège de Bordeaux, en i65o.