LA MARQUISE DE SABLÉ A
[Août 167 1.]
Comme je suis très-résolue de ne prendre plus de part aux maux ni aux biens de ce monde*, j'ai été surprise de retrouver
i3. La Cerdagne était située sur les deux versants des Pyrénées. La partie française était comprise dans le Roussillon, chef-lieu Mont-Louis; la partie espagnole dans la Catalogne, chef-lieu Puycerda, à cent dix kilomètres N. de Barcelone. Puycerda, attaqué le i3 octobre i654f se rendit le ai au prince de Conty, a qui demeura par cette conquête, dit Montglat (tome II, p. 4^4)1 maître de toute la Cerdagne. » Quant à Gourville, nous savons par ses Mémoires (p. 391-394) quUl n* obéit point, cette année-là, à rinvitation que le duc de la Rochefoucauld était chargé par Conty de lui faire. D passa Phiver à Paris, et ce ne fut qu'au printemps de i655 qu'il s'en alla en Catalogne, après avoir pris d'abord congé du Cardinal.
Lettre a3. — Vue sur l'autographe, Portefeuilles de Voilant, tome II, fol. i36 et verso. Il n'y a ni suscription ni signature; mais c'est l'écriture de Mme de Sablé, et il est bien probable que c'est à notre auteur qu'elle écrit et en 167 1 : voyez ci-après les notes I, 3, 3 et 4*
I. Il semble bien que ce commencement déjà date la lettre, d'une
a8o LETTRES.
TT en moi une très-grande sensibilité pour ceux que le Roi vous a faits*. Je vous assure, Monsieur, que, quelque médisance que vous fassiez de moi tous les jours, je n'ai point le dëûmt dont je ne vous accuse plus ; car ce que j'ai trouvé dans mon cœur pour vous en cette occasion, ressemble très-fort à ime très-grande amitié*. Je n'ai su que depuis deux jours ce que voua faites de si beau et de si extraordinaire. C'est avoir une confiance bien généreuse, et qui est même fcyrt honorable pour Monsieur votre fils *, car ayant, comme vous l'avez, un jugement des choses et des gens qui ne se peut jamais tromper, cela est aussi honorable qu'utile pour ^ lui '.
manière assez large, U est vrai, et la place au temps qui a suivi la conversion de Mme de Sablé, à savoir dans les années de sa retraite^au faubourg Saint-Jacques, près de Port-Royal.
9. Sans aucun doute en la personne du fils de notre auteur, le prince de Marcillac : voyez la dernière phrase de la lettre et les notes 4 et 5. — Dans Foriginal, /ai/, sans accord.
3. On voit dans les lettres 5i (p. 127 et 198), 58 (p. i38), 64 (p. 147) que la Rochefoucauld reprochait fort à Mme de Sablé sa paresse à écrire. Il va même une fois (lettre 79, p. 168) jusqu^à se plaindre, dans une amicale hyperbole, de sa dureté pour lui.
4. Mme de Sévignë apprend en ces termes à sa fille, le 28 août 1671 (tome II, p. 334), que la Rochefoucauld s^est démis de son titre de duc en faveur de son fils : <( Mme de la Fayette TOUS aura mandé comme M. de la Rochefoucauld a fait duc le prince son fils, et de quelle façon le Roi a donné une nouvelle pension. » Ceci explique bien à la fois et ce passage : « ce que vous faites de si beau, etc., » et ce qui est dit dans la première phrase des a biens.... faits » par le Roi. Pour les autres fsiveurs successivement accordées par Louis XIV au prince de Marcillac, voyez ci-dessus, p. 2i5, la note préliminaire de la lettre 107.