‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 46 sur 239 · A LENET · texte numérisé non relu

A LENET

A Paris, ce a5 d'août [i652].

Je ne sais pas si M. Caillet' a une lettre pour moi, mais je ne Fai point encore reçue. L'onavoit envoyé demander un passe-port à la cour* pour MM. d'Estampes' et Goulas^, et M. le comte de Fiesque', qui dévoient

Toici ce que je fis sur Tair que l*on chante en votre Guyenne, Phillis^ ta légèreté y etc.. :

« Fronde an croc, si le Fîlain S'en TB tout de bon demain; Mais, s*il va plonger De peur du danger, Ek qa'il revienne tur Tonde, Par ma foi, sans beanooap aonger.

Je reprendrai ma fronde. »

Marigny ajoute que le soir, à souper, dans le cabinet de Monsieur le Prince, il joignit au précédent couplet le suivant :

« Pèlerin, bean pMerin, Ronettn-vous en chemin.

Il faut que Gaston Et notre Bourbon Demeareot tous àma. les maîtres.

Et pour vous, pauTre pantalon, Que TOUS tiriei vos guêtres. »

Lbicak aS. — Maniuerits de Lenety tome YIII, fol. 17a ; écrite par Gourville, vraisemblablement au nom du duc, bien qu'elle ne porte pas au dos la mention ordinaire.

I. Voyez p. 56, la note i de la lettre as. — A la ligne suivante, devant reçue ^ un mot biffé, probablement eue,

9. A CÎompiègne, où la cour était alors : voyez la lettre précédente, p. 64 et note 8.

3. Jacques d'Estampes, marquis de la Ferté-Imbaut, nommé maréchal de France en i65i, mort en i658, à l'âge de soixantedix-huit ans.

4. Léonard Coulas, secrétaire des commandements et du cabinet du duc d'Orléans, et qu'il ne faut pas confondre avec son cousin germain, Nicolas Coulas, gentilhomme ordinaire du- même prince et auteur de Mémoires dont la Société de l'Histoire de France vient de publier les deux premiers volumes.

5. Charles-Léon, comte de Fiesquo, fils d'Anne le Veneur, com-

aller, chargés de mémoires instnictifs et arrêtés au G>nseil, poar convenir avec la cour de Tamnistie, du rétablissement des choses au même état qu'elles étoient, et [de] Féloignement des troupes. La cour a refusé le passeport*, qui'', à mon sens, est une chose ridicule, quelque dessein qu'ils aient, je dis même quand ils ne voudroient point la paix, car au moins le font-ils voir à tout le jnonde, et, par une conférence, ils pouvoient rompre sur des intérêts particuliers, ce * qui auroit bien embarrassé Monsieur le Prince. Cependant le Gurdinal ne laisse pas de s'en aller ; il y a des nouvelles qu'il a passé à Reims. Tout cela ne fera que chipotage (le mot n'est peut-être pas bon, mais il n'importe*), jusques à ce que Monsieur le Prince et le Girdinal soient d'accord. Tout le monde le voit bien, et presque tous le souhaitent. Il n'y a présentement rien , mais je suis assez persuadé que le Cardinal renouera qvelque chose, et qu'il se hâtera plus, se voyant hors de la cour, ne sachant pas

tesse de Fiesque (qui fut gouTemante de Mademoiselle de Montpensier), et frère aîné du cheralier de Fiesqne, dont il a été question dans les Mémoires (p. 98). H avait épousé Gtllonne d*Harcourt, dame d'honneur et aide de eamp de Mademoiselle, dont il est parlé ci-après (Uttre 39, p. 108 et note 6). C'est le Pisittrate du Grand Cyrus^ « l'idéal de Pimportant et du frondeur, brillant et bizarre mélange du galant et du politique, » dit de lui Y. Cousin, dans la Société française au dix^septième siècle, tome I, p. ai 5* On peut Toir sur le comte de Fiesque les Mémoires de ReU (notamment tome I, p. 9S9 et note 3), ceux de Mademoiselle^ de Mme de MoitevilU^ et les Lettres de Guez de Balzac (édition de M. Tamizey de Larroque, Paris, 1873, in-4»).

6. Voyez la Suite du Journal du Parlement^ 99 août lôSa^ p^ i3o et i3i; et les Mémoires deRetz^ tome IV, p. 3o4>

7. Qui, au sens de ce qui. Le pronom ils qui suit désigne la cour : Yoyex ci-après, la note x5.

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