I. Voyez ci-dessus, lettre a 5, p. 7s, note
a. Le jeudi 24; le 27 était un dimanche.
3. c( M. le duc d'Orléans fut le premier qui prit l'amnistie, » dît Montglat, tome II, p. 376.
iSSa
io8 LETTRES.
i— » devoir facilement conclure, et que Son Altesse Royale *^** ira à Blois*. On ne parle point encore de ce que les particuliers qui sont dans ses intérêts doivent faire, et on croit que M. de Beaufort n'acceptera pas Tamnistie'. Mademoiselle sortit mercredi de cette ville, et alla à Saint-Denis, d*où étant partie, on a su qu'elle avoit passé proche Château-Thierry, de sorte qu on la croit présentement dans Tarmée de Monseigneur le Prince*. Elle est partie avec fort peu de train et d'équipage, et elle n'a de femmes avec elle que Mme de Frontenac ; Mme la comtesse de Fiesque n'a pas pu la suivre, étant tombée ici malade ; le Roi lui a envoyé quatre gardes, qui demeurent en son logis''.
4. Le duo d'Orlëans avait quitte Paris pour Limours le a a octobre. On lit dans la lettre du a 3 octobre, eitëe dans la note 3 de la lettre précédente : « Le Conseil.... envoya le duc Dainvillè dire à Son Altesse Royale, sur les trois ou quatre heures, de sortir dans le jour (le ai).... Monsieur d'Orléans écrivit au Roi qu'il sortiroit le lendemain au natin.... Le soir, à l'entrée de la nuit, le Roi arriva ici, et alla loger au Louvre. Il ne parut point de joie dans les esprits, comme on a accoutumé d'en voir lorsqu'il j arrive quelque nouveauté.... Le mardi matin, à six heures, Son Altesse Royale s'en alla à Montrouge et de là à Limours avec MM. de Beaufort, de RohaUy et quatre ou cinq cents chevaux de suite. »
5. Il alla en exil, et ne rentra en grâce qu'en i658 : voyez les Mémoires de Mme de MotteviUe^ tome IV, p. 108 et 109.
6. Le voyage est raconté dans les Mémoires de Mademoiselle^ tome II, p. 307 et suivantes. Elle se retira dans son château de Saint- Fargean (Yonne). Il y a dans le Refiueil de Maurepas, tome XXIII (Fr. ia638), fol. 197, une « chanson sur l'exil de Mademoiselle, et de Mmes la comtesse de Fiesque, de Frontenac, de Montbazon et Chastillon. » — Sur Anne de la Grange, comtesse de Frontenac {lettre 86, p. i83, note 6), et Gillonne d'Harcourt, comtesse de Fiesque {lettre aS, p. 70, note 5), nommées ci-après, voyez les Mémoires de Mademoiselle^ passim.
7. Le P. Berthod dit dans ses Mémoires (p. 371) : « Il n'y eut que Mme de Fiesque, qui s'étoit blessée, deux jours devant, d'une fausse couche, qui demeura jusques à ce qu'elle fât en état de s'en
On ne sauroît dire détenmnément où est Tannée de "TesT Monseigneur le Prince*, et il y a toutes les apparences du monde qu elle avance en deçà, puisque M. de Turenne fait marcher la sienne vers les lieux par où Monseigneur le Prince devroit passer'.
On parle que la cour se dispose de rappeler M. Bitaut
et deux autres des interdits du Parlement, le jour de
'amnistie, et elle demeure fort fière pour les autres ^^.
On a envoyé ordre, depuis deux jours, au Cardinal de
pouToir aller; et cependant on lui donna des gardes, et on la fit yisiter par M. Yalot, premier médecin du Roi. »
8. monsieur le Prince était alors à Sissone (département de r Aisne, à yingt kilomètres de Laon), comme le prouve une lettre en date du 36, adressée par lui à Mademoiselle, et qui se trouve dans les Mémoire* de celle-ci, tome II, p. a 19.
g. On voit, dans les Mémoire* de MademouelU (tome II, p. 333), que Condé, aussitôt qu'il eut rejoint le6 troupes de Flandre, « prit, en passant chemin, Chateau-Portien, Rethel et force autres petits châteaux. » On lit, d'autre part, dans une lettre en date du 3 novembre (^Manuscrits de Lenet, tome X, fol. i58 et iSg) : « M. de Tnrenne est proche de Château-Thierry, qui monte entre les deux rivières d^Oise et Marne. Son armée est augmentée de quatre mille hommes, compris environ deux mille que lui a envoyés M. de Longueville. » Quant au duc d^Orléans, suivant son traité avec la cour, il avait envoyé Gédouin, enseigne de ses gendarmes, pour retirer les troupes qu'il avait à Tarmée de Condé ; mais ces troupes refusèrent de lui obéir avant d'avoir donné l'assaut à Sainte-Menehould, que Monsieur le Prince assiégeait alors. Elles ne se retirèrent qu'après la capitulation de la place {Mémoires de Mademoiselle^ tome II, p. 333 et 334)*
10. François Bitaut, conseiller au parlement de Paris : voyez les Mémoires^ p. 304. Son nom revient plusieurs fois dans les Mémoires de Retz, — On lit dans ceux du P, Berthod (p. 371 et 373) : « Sa Majesté, avant de partir de Saint-Germain, écrivit aux particuliers du Parlement qui étoient demeurés à Paris une lettre par laquelle Sa Majesté leur mandoit que, voulant faire son Centrée dans Paris le 31, et le 33 tenir son lit de justice au Louvre, il leur ordonnoit de s'y trouver à sept heures au matin en robes rouges, pour y entendre SCS volontés. De ceux-là furent e^fteptés les sieurs Broussel,
iio LETTRES.
venir en ces quartiers*^. Le penple augmente de jour à autre de murmurer sur tout ce qui se fait ici et de ce qtt*il voit que la présence du Roi n'apporte pas toutes les commodités qu'il espéroit. Ces choses, jointes avec le retour du Gurdinal et les rentiers^*, apporteront indubitablement quelque nouveauté.
La cour, ayant vu la résolution en laquelle est Mgr de la Rochefoucauld de ne rien faire contre ce qu'il doit à Monseigneur le Prince, n'a rien exigé de lui, et il est en résolution d'en demeurer là jusques à ce qu'on lui fasse quelque autre ouverture , et qu'on veuille bien se contenter de ses ofires.
Le courrier est parti pour aller quérir Monsieur le Cardinal. Je crois qu'il sera entré pour venir ici dans trois ou quatre jours. Je ne sais pas s'il viendra droit à Paris. Si vous ne me faites mander l'état de votre santé, je ne vous le pardonnerai pas"^'.
Viole, de Thou, Portail, Bitaut, Foucquet de Croissy, Coulon, Mâchant Fleury, Martineau et Gin on, insignes frondeurs. »
1 1 . Mazarin ne revint à Paris que le 3 février de Tannée suivante {Mémoires de Mme de Motteville^ tome IV, p. 38).
is. Dès l'année précédente, le Roi avait fait intercepter les deniers des recettes, et Paris ne pouvait plus fournir au payement des rentes de l'Hôtel de Ville.
i3. Dans une lettre, portant la même date du 27 octobre (tome X, fol. 116), adressée par Marignj à Lenet, on lit : « M. le duc de Rohan a envoyé déclarer au greffe de la cour, par un procureiu:, qu'il entendoit jouir de Pamnistie, et qu'à cet effet il renonçoit à tous traités faits avec les Princes. M. de la Rochefoucauld a permission de demeurer ici à cause de son indisposition ; il s'est formé une taie sur son œil, et si, dans quatre mois, lorsque la cataracte sera mûre, l'opération ne réussit, il faudra qu'il compte sur un œil. » Une autre lettre (fol. i3a), en date du 3o octobre iGSi, de la main de Gourville, finit ainsi : « La cour ne détermine rien à Mgr* de la Rochefoucauld, et il y a apparence qu'elle fera comme cela jusques au retour du Cardinal. » Dans une autre encore, déjà
• M^ a été corrigé, d*itii« àatre encrct, en ilf .
Suseription : A Monsieur Monsieur Lesnet, à Bourdeaux.
citée, da 3 norembre, on lit (fol. i59) : a Sa été dëjà arrête troiâ fois dans lé Conseil que l'on proposeroit à Mgr de la Rochefonoauld de prendre Taouiistie, et il y a quelque temps que la Reine dit qu'il lui fiiisoit pitié *, mais qu'on ne se ponroit pas empêcher de lui faire prendre l'amnistie. M. le Tellier et tous les autres disent qu'il faut bien qu'il l'accepte. On a fait dire à M. de Moriemart et & Mme de Brienne d'essayer de le lui faire faire. Monaeifineur r^>ond toujours de même, et que, le Roi lui ayant permis de demeurer ici sur sa parole, U ne feroit rien contre son serrice tant qu'il y seroit, mais que rien au monde ne lui peut faire [faire] im pas contre ce qu'il doit; que si on lui veut faire la grâce de^ le laisser ici ou chez lui, pour quatre ou cinq mois, pour se faire traiter, il avertiroit de son d^art; que si on veut qu'il aille trouver Monseigneur le Prince, ou à Damvilliers, il le fera plutôt que d'accepter l'amnistie, dât-il perdre les deux yeux et même la vie. Selon toutes les apparences du monde, on ne résoudra rien de cela jusques à l'arrivée de Monsieur le Cardinal. L'on m'a dit aujourd'hui qu'il entreroit à Paris, incognito, environ vendredi ou samedi. » Plus loin encore (fol. 164)9 ^ ^^ date du 6 novembre, également delamaindeGourville : a On a fait aujourd'hui publier ici une ordonnance par laquelle on enjoint à M. de la Rochefoucauld et à tous les autres du même parti de sortir [de] Paris dans vingt-quatre heures, et je vous dirai, bien plus, qu'on a parlé de se saisir de sa personne, de sorte que vous voyez bien par là qu'il faut qu'il sorte d'ici, et il y a grande apparence qu'il le fera. )> Enfin (fol. 18 a), dans une lettre du 10 novembre, toujours de la même main : « Nonobstant la parole que la Reine avoit donnée à M. de Turenne pour que M. de la Rochefoucauld demeurât ici pour se faire traiter, il a eu néanmoins avis qu'on le vouloit faire arrêter, ce qui l'obligea mercredi de coucher hors de chez lui, et, le lendemain, on obtint qu'il iroit à une lieue de Paris pour huit ou dix jours, sur le rapport que M. Valot, médecin du Roi, et les autres oculistes firent qu'il perdroit les yeux, s'il se mettoit présentement en campagne, sortant d'une grande fluxion, et lui ayant été, depuis fort peu, appliqué des ventouses derrière les oreilles. U sortit hier de Paris et alla à Bagneux.... J'ai baillé votre lettre à Diane {la Roche fouctudd),.., » Les lettres du 3 et du 10 novembre dont nous venons de donner des extraits, sont insérées dans la 3« partie des Mémoires
A Voyez ci-dessas, p. 107, note 3 de la lettre 38. * Après de, est biffé demewrer.
ria LETTRES.
4o. — AU COMTE DE MARGHIN.
....mes gardes, et d^ avoir soin de ma bonne renommée à Bordeaux. Tai quasi envie de les prier*, une fois pour toutes, de se mettre Fesprit en repos sur mon sujet et de les assurer que quand je ne ferois pas mon devoir par principe d'honneur, je le ferai toujours assurément pour ne leur donner pas le plaisir de m'y voir manquer. Adieu.
Je suis entièrement à vous. Je vous supplie de fiure voir ma lettre à M. Lenet*.
La Rochefoucauld.
Suscription : A Monsieur Monsieur le comte de Marchin.
de Lenet (p. 58o et 58i), comme ëtant de la Rochefoucauld; mais elles ne portent aucune mention indiquant qu'elles aient été écrites par Gounrille expressément au nom du duc, et d'ailleurs les détails qu'elles contiennent se trouTent reproduits dans une lettre autographe [ik^ 4i)i que nous donnons ci-après.
Lbttbk 40. — Manuscrits de Lenet ^ tome XXIV, fol. s8a, autographe ; au dos : « M. de la Rochefoucault ; » cachets conservés. Il ne reste que ce fragment de la lettre, qui a été écrite évidemment à la fin de x653, puisqu'il y est fait allusion aux mauvais bruits qu'on semait à Bordeaux sur le compte du duc ; elle est au reste expliquée par la suivante.
I . Les prier ^ en interligne, au-dessus de leur déclarer^ biffé.
a. Cette fin : « Je suis entièrement, etc., » est ajoutée au haut de la page, à contre-sens du reste de l'écriture.
LETTRES. ii3
4'- A LEHET. TôsT
Ce ii™^ novembre [i65a], à Baigneux'.
Je ne vous puis dire présentement autre chose sur la justice que j'apprends tous les jours qu*on me rend à Bordeaux*, si ce n'est qu'ayant sujet d'en croire M. Sarazin* l'auteur, je vous assure qu'une paire d'étrivières m'en feront un jour raison, et je veux que vous m'en fassiez* reproche, si je ne lui tiens parole. On me chassa hier de Paris*, et je ne sais pour* combien de temps j'aurai sûreté ici. L'état où je suis est assez embarrassant :
Lettre 4i* " Manuscrits de Lenet, tome X, foL z84 et i85, autographe ; rien au dos. Elle a été reproduite dans la 3« partie des Mémoires de Lenet, p. 58a, où la date est suivie des mots: « à Beaugencjy d au lieu de : cr à Baigneux. i>
I. Bagneux, commune du département de la Seine, à huit kilomètres de Paris et à deux de Sceaux. Vojez ci-dessus les dernières lignes de note delà page m; et ci-après, lettre 43, p. ii6. 1. Voyea les lettres 35, 36 et 4o.
3. Voyez V appendice i, p. a68 et note ii. — Jean-François Sarasin, né en i6o4, à Hermanyille, près de Caen, disciple de Voiture, ami de Mlle de Scudërj, secrétaire des commandements du prince de Conty. Voyez la notice que lui a consacrée M. C. Hippeau dans ses Écrivains normands au XVIP siècle^ '857, in-ia, p. i53. — Marigny et lui étaient les principaux personnages de la petite cour du frère de Condé à Bordeaux ; mais, à la suite d'une querelle, les deux lettrés se brouillèrent. Mme de Longueville prit parti contre Marigny, qui quitta la place, et ne négligea rien, une fois de retour à Paris, pour exciter contre Sarasin et sa protectrice les rancunes de la Rochefoucauld : voyez Madame de LongueviUe pendant la Fronde^ p. a97 et 398. Ce fut Sarasin qui, en i653, vint négocier à Paris le mariage du prince de Gonty avec une des nièces de Mazarin. Il mourut à Pézenas, le 5 décembre i654* Sur lui et sur ses œuvres littéraires, voyez encore V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle^ tome II, p* 193-196, et Appendice^ p. 365-395. Retz dit dans ses Mémoires (tome II, p. 499) ?^^ <i^t9X lui qui donna Sarasin pour secrétaire au prince de Conty.