‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 99 sur 239 · A M. ESPRIT · texte numérisé non relu

A M. ESPRIT

Je vous envoie Topera dont je vous ai parlé ; je vous supplie que Mme la marquise de Sablé le^ voie, car j'espère au moins qu'elle approuvera mon sentiment, et qu'elle sera de mon côté. Vous m'avez fait un très-grand plaisir d'avoir rectifié' les sentences. Je prétends que vous en userez de même de l'opéra et de quelque autre chose, que vous verrez, que l'on pourroit ajouter, ce me semble, à V Éducation des enfants^ que Mme la marquise de Sablé m'a envoyée*. Voilà écrire en vrai au-

mettre par écrit. Il est bien poMible qa^une pablication de Tannée même où nous croyons que la lettre fut écrite ait été Toccasion et de la thèse d'Esprit sur Brutus et de Tattention qu'y apporte notre auteur. Il parut en 1660 une réimpression, datée d'Amsterdam , du fameux livre intitulé : Findteim contra tyrannos,,,, Stephano Junio Bruto ceita auetore (Edimburgi^ ^^79) j qn^on avait attribué sucoessivement à Théodore de Bèze et à Duplessis-Momay, mais que M. Henri CheTreul, après Gisbert Voët et Bayle, rerendique pour Hubert Languet, dans son Étude sur ie XVI* siècU^ Hubert Longuet (1'* édition, p. 17s). On peut voir une courte analyse du sujet de cet ouvrage dans Tarticle Lamgubt de la Biographie universelle de Michaud, lequel a pour auteur Weiss de Besançon.

Letths 54* — Portefeuilles de Voilant ^ tome U, fol. io3 et 104; c'est une copie; au dos, cette mention : « Sur les Maximes, » Publiée dans les éditions de 1818, p. aSa, de i8«5, p. 471, de 1869, p. 341 9 et dans Madame de Sablé ^ p. $17. Il est probable, par le passage relatif à un retranchement de rentes (voyez ci-dessous, note 5), qu'elle a été écrite vers 1660 ou i665; plutôt x66o : voyez la note 6.

I . Il y a dans la copie /a, au lieu de /e. •— 1 . Rectifié corrige ratifié,

3. Voyez ci-après les lettres 64» 65, 87, et, dans l'étude de

M. Edouard de Bartliélemy sur Madame la comtesse de Maure^ sa

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leur, que de commencer par parler de ses ouvrages ^. Je TOUS dirai pourtant^ comme si je ne Fétois pas, que je suis très-véritablement fâché du retranchement de vos rentes*, et que si vous croyez que pour en écrire à Gourville comme pour moi-même, cela vous fût bon à quelque chose, je le ferai assurément comme il faut*. Ma femme a toujours la fièvre double quarte : il y a pourtant deux ou trois jours qu'elle n*en a point eu. Je lui ai dit le soin que vous avez d'elle, dont elle vous rend mille grâces. Je pourrai bien vous voir cet hiver à Palis. Je vous donne le bonsoir.

Le a4 octobre, à Yertœil.

Au reste, je vous confesse â ma honte que je n'entends pas ce que veut dire : La çérité est le fondement et la raison de la beauté''. Vous me ferez un extrême

wlê et sa eorretpandance (in-iS, Paris, Gay, i863, p. 167 et i58), une lettre de celle-ci à Mme de Sablé, de fëyrier 1690; voyez aussi Madame de Sahlè (p. 106-108), où Y. Cousin dit quUl n'a pu dëcou- Trir, maigre toutes ses recherches, cet écrit de la marquise.

4* Il nous semble, c'est aussi Tayis de V. Cousin {ihidem^ p. 5 17, note 3), cp'on peut conclure de ce passage et de la fin de la lettre, que la Rochefoucauld était auteur, non pas seulement de Paddition à V Éducation des enfants, mais encore du livret de Topera qu'il envoie à Esprit, pour que celui-ci le montre à la marquise de Sablé.

5. Si la lettre est de 1660, il s'agit ici d'un retranchement provisoire d'un quartier de rentes de l'Hôtel de Ville. Si eUe avait été écrite vers i665, comme la lettre 87, où il est également question de l'ouvrage sur VÉdueation, ce passage devrait s'entendre de la grande réduction de rentes opérée par Colbert en 1664, à laquelle Boileau a fait allusion dans sa satire m, et dont Mme de Sévigné se plaint dans une lettre du i*^ décembre 1664 (tome I, p. 4^7)* 6. Gourville était fort lié avec Foucquet, qui lui fit avoir la recette générale des tailles de Guyenne, et dans la disgrâce duquel il lut enveloppé (voyez les lettres 81 et 84) : ce qui porte à croire que la lettre est antérieure à l'arrestation du Surintendant (1661). 7 C'était sans doute quelque maxime soumise par Esprit à notre

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plaisir de me l'expliquer, quand vos rentes vous le permettront; car enfin, quelque mérite qu'aient les sentences, je crois qu'elles perdent bien de leur lustre dans un retranchement de THôtel de Ville, et il y a longtemps que j'ai éprouvé que la philosophie ne fait des merveilles que contre les maux passés ou contre ceux qui ne sont pas prêts d'arriver, mais qu'elle n'a pas grande vertu contre les maux présents*. Je vous déclare donc que j'attendrai votre réponse tant que vous voudrez; mais je vous la demande aussi sur l'état de vos affaires. La honte me prend de vous envoyer des ouvrages. Tout de bon, si vous les trouvez ridicules, renvoyez-lesmoi, sans les montrer à Mme de Sablé.

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