‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 16 sur 269 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

clioisit dans tous les pays et dans tous les siècles pour s*en raii*e la parenté de son âme et la société de ses pensées.

J'ai gardé précieusement les deux volumes: je les ai sauvés de toutes les vicissitudes que les changements de résidence, les morts, les successions, les partages apportent dans les bibliothèques de famille. De temps en temps, à Milly, dans la même chambre, quand j'y reviens seul, je les rouvre pieusement; je relis quelques- unes de ces mêmes strophes à ileini-voi\, en essayant de me feindre à moi-même la voix de mon père, et en m'imaginant que ma mère est h'i encore avec mes sœurs, qui écoute et qui ferme les yeux. Je retrouve la même émotion dans les vei-s du Tasse, les. mêmes bruits du \ent dans les arbres, les mêmes pétillements des ceps dans le fo>or; mais la voix de mon père n'y est plus, mais ma mère a laissé le canapé vide, mais les deux berceaux se sont changés en deux tombeaux qui verdissent sur des collines ♦•trangèresî Et tout cela finit toujours pour moi par quelques larmes dont je mouille le livre en le refermant.

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