‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 45 sur 269 · LIVRE SIXIÈME. tOo · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. tOo

banleH écossais de la confidence de mon amour sans espoir. Jaflectai de me faire redemander souvent le livre avant de le rendre et de citer vingt fois le chiffre d*une page que je relisais toujours, lui disais-je,qui exprimait toute mon âme, (|iii était imbibée de toutes mes larmes d* admiration, et je la suppliais de la lire à son tour, mais de la lire seule, dans sa chambre, le soir, avec recueillement, au bruit du vent dans les pins et du torrent dans son lit, comme sans doute Ossian Tavait écrite. J*avais excité ainsi sa curiosité, et j'espérais qu'elle ouvrirait le volume à la page qui contenait le poème de ses propres soupirs. .

J*ai retrouvé, il y a trois ans, ces pi*emiers vers dans les l>apiers du pauvre curé de B***, qui était en ce temps-là de nos sociétés d'enfance, et pour qui je les avais copiés; car, quel amour n'a pas besoin d'un confident? Les voici dans toute leur inexpérience et dans toute leur faiblesse. J'en demande pardon à M. de Lormian, poète et aveugle aujourd'hui comme Ossian. C'était un écho lointain de l'Ecosse répété par une voix d'enfant dans les montagnes de son pays, une palette et point de dessin, des nuages et point de couleurs. Un rayon de la poésie du Midi fit évanouir pour moi plus tard toute cette brume fantastique du Nord.

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