II
Ta voix lui demandait les plumes de son aile Qu'emporte la tempête ou sème le vautour?
« Demande, dirait-elle, au nuage, à Técume, A répine, au désert, aux ronces du chemin : A tous les vents du ciel j'ai laissé quelque plume. Et pour me réchauffer je n'ai plus que ta main î »
Ainsi te dit mon cœur, jeune et tendre inconnue: Mais quand dans ces cheveux tes souffles passeront. Je sentirai longtemps, malgré ma tempe nue, La sève de vingt ans liattre encor dans mon front.
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A AXGELICA
BARONNE DK ROTllKIRKK
*>aint-Poii.t, 20 septembre 1K.H.
Jeune voix que Dieu lit éclore (}oinine un hymne au matin du Joui\ Chaque ànie en ce triste séjour Pour toi fut un temple sonore Que tu remplis de sons, de délire et d*amour.
Bulbul ainsi que toi ne chante qu'une aurore: Mais il revient souvent au bois qu'il a quitté. Écouter si du roc la source coule encore. En soupii-s aussi pui-s si le son s'évapore. Si la ros«*e y tomlx* aux tièdes nuits d'été.
Ah î reviens comme Itii, bel oiseau qui l'envoie! Tu trouveras toujoui-s un écho dans nos bois. In désert dans nos cœui-s qu'aucun bruit ne console. Et des pleurs dans nos yeux pour toml»er à ta voix.
A AUdUSTA
Bulbul enivre toute oreille
De sons, de musique et de bruit;
Sa voix éclatante réveille
Les échos charmés d'une nuit ;
La douce et blanche tourterelle N'a qu'une note dans la voix :
Mais cette note est éternelle, Et ne dort jamais sous les bois ;
C'est un souffle qu'amour agite.
Un soupir qui pleure en sortant; C'est un cœur ému qui palpite , Lne âme sans voix qu'on entend.
Plus on écoute et plus on rêve; En vain ce soupir n'a qu'un son.
L'oreille attend, devine, achève, Et i'âme vibre à l'unisson.
Celui qu'un double charme attire Entre l'ivresse et la langueur, Écoute, hésite, et ne peut dire Lequel est l'oiseau de son cœur !