‹ Œuvres de LamartineChapitre 122 sur 145 · A SES LECTEURS · texte numérisé non relu

A SES LECTEURS

Abbotsford, septembre 1831.

Le lecteur sait que, selon toute apparence, ces contes sont les derniers que Tauteur soumettra au jugement du public. H est maintenant à la veille de visiter des pays étrangers. Le roi son maître a bien voulu désigner un vaisseau de guerre pour trans- |)orter l'auteur de Wavsrley dans des climats où il puisse retrouver assez de santé pour revenir ensuite achever doucement le fil de sa vie dans son pays natal. S'il avait continué ses travaux ordinaires, il est plus que probable qu'à l'âge où il est parvenu, le vase, pour employer le langage expressif de l'Écriture, se serait brisé à la fontaine; et celui qui a eu le bonheur d'obtenir une jKirt peu commune du plus précieux des biens de ce monde est jieu en droit de se plaindre que la vie, en approchant de son terme, ne soit pas exempte des troubles et des orages auxquels nul d'entre nous ne saurait échapper. Ils ne l'ont pas du moins

L Ca.'s Adieux se trouvent à la fin du dcrni»;r \ol:inie de la 4* série des Contes de mon Hôte, contenant Hubert de Paris et le Château pcri'leux, |>ar ^ir Walter Scott.

affecté d'une manière plus pénible qu'il n'est inséparable de l'acquittement de cette partie de la dette de l'humanité. De ceux dont les rapports avec lui dans les rangs de la vie auraient pu lui assurer leur sympathie dans ses souffrances, beaucoup n'existent plus à présent ; et ceux qui ont survécu avec lui sont en droit d'attendre, dans la manière dont il supportera des maux inévitables, un exemple de fermeté et de patience, surtout de la part d'un homme qui est loin d'avoir eu à se plaindre de son sort dans le cours de son pèlerinage.

L'auteur de Waverley n'a pas d'expressions pour peindre la reconnaissance qu'il doit au public ; mais peut-être lui sera-t-il permis d'espérer que, tel qu'il est, son esprit n'a pas vieilli plus vite que son corps, et qu'il pourra se présenter de nouveau à la bienveillance de ses amis, sinon dans son ancien genre de composition, du moins dans quelque branche de la littérature, sans donner lieu à la remarque que

Trop longtemps le vieiUard eU resté sur la scène.

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