Montagne de Savoie
le comte XATÎer de Haistre est le frère cadet du fameux comte de Maistre, > phiSosophe des Soirées de Saint-Pétersbourg, J*ea ai parlé daos les Con/Iimres. Je D*ai rien à en dire ici ; c*est une renommée à débattre entre les 'phili^>phe« d**s deux écoles. Comme écrivain , il est incontesté, car il est ce qui C&it qu'on est , c*est-à-dire original.
Le comte Xarier, à qui s*adresse cette Harmonie, est Tauteur de deux livres ■harmants quoique de tons très-dirers : le Voyage autour de ma chambre, et tf i^yrtux de la cité d'Aoste. Le Voyage est un badinage ; le Lépreux est une arm^, mais une larme qui coule toujours. Cet écrivain est le Sterne et le J.-J. Rou^^osu de la Savoie; moins affecté que le premier, moins déclamateur '\j^ ]^ second. C*est un génie familier, un causeur du coin de feu, un grillon lu ïu\f^T champêtre. Je ne Tavais jamais vu. Les orages de la première révosn-vo piz-monuise Pavaient Jeté en Russie; il s'y était marié. Il revenait en S«\'iie apn*s vingt-cinq ans d'absence. Allié de sa famille, ami de son neveu, j'&f^pri» son retour; je lui adressai de Florence ce salut amical d*un inconnu.
> Tai vu depuis en 18-42 , en France, chez M°** de Marcellus, son amie et sa £!U- de cœur, digne d*une telle adoption. C'est un vieillard faible et gracieux , ûf- q'^trif'Vingts ans, sans aucun signe de découragement de la vie ou de 4»- r»pitude de corps. Finesse, sensibilité douce, sourire semi-sérieux et induiront sur les choses humaines, tolérance qui vient de Tintelligence sur toutes jr-« <^inion5 honnêtes : voilà Phomme. Ajoutez-y un son de voix sonore et "■ • nioio comme un souvenir, et ces conversations à demi-voix où toutes les inn -H* éroulért repassent en anecdotes devant la mémoire, une modestie qui «\:soiv ell(>-mème, et un talent remarquable pour la peinture de paysage. Ct^ ce qu'on appelle, dans la langue française, un amateur en littérature et ^ uM*^ux; mais un amateur immortel, grand artiste sans art, grand écri- T^D ^ns érole; la nature en tout, c'est-à-dire le souverain maître. Dans la 'rt raturn du rœur, le Lépreux de la cité d'Aoste tient sa place à côté de Paul 9t V.r^mtf; il n'y a rien de supérieur dans la langue, car l'écrivain qui arrive a*\ iannt^ arrive à tout. Le pathétique est le sommet du génie; le didactique o'»M qu'une leçon; l'épique n'est qu'un récit; la polémique n'est que du rai- «itii»' m«nt ; le lyrique n'est que l'enthousiasme : mais le pathétique , c'est le <*«iir.