DANS LES TEMPS D'ÉPREUVE
Août 1826.
Poarquoi vous Iroublez-vous , enfants de rÉvangilo « K quoi sert dans les deux ton tonnerre inutile , Dirent-ils au Seigneur, quand ton Christ insulté. Comme au jour où sa mort fit trembler les collines, In roseau dans les mains et le front ceint d'épines, Au siècle est présenté?
« Ainsi qu*un astre éteint sur un horizon vide , La foi, de nos aïeux la lumière et le guide, De ce monde attiédi retire ses rayons; UoliMrurité , le doute , ont brisé sa boussole , El laiv>ent diverger, au vent de la parole, L'encens des nations.
« Et tu dors ! et les mains qui portent ta justice , Lpa chefs des nations, les rois du sacrifice, ^*ont pas saisi le glaive et purgé le saint lieu ! Lf*uins-nous et lançons les derniers anathèmes; Prenons les droits du ciel, et chargeons-nous nous-mêmes Des justices de Dieu. »
.arrêtez , insensés , et rentrez dans votre âme ! (( Ce zèle dévorant dont mon nom vous enflamme Vient-il, dit le Seigneur, ou de vous ou de moi? Répondez. Est-ce moi que la vengeance honoi-e? Ou n'est-ce pas plutôt l'homme que l'homme abhorre , Sous cette ombre de foi ? »
Et qui vous a chargés du soin de sa vengeance? A-t-il besoin de vous pour prendre sa défense? La foudre, l'ouragan, la mort, sont-ils à nous? Ne peut-il dans sa main prendre et juger la teiTe, Ou sous son pied jaloux la briser comme un verre Avec l'impie et vous?
Quoi ! nous a-t-il promis un éternel empire. Nous disciples d'un Dieu qui sur la croix expire, Nous à qui notre Christ n'a légué que son nom , Son* nom et le mépris, son nom et les injures, L'indigence et l'exil, la mort et les tortures, Et surtout le pardon ?
Serions-nous donc pareils au peuple déicide , Qui, dans Taveuglement de son orgueil stupide, Du sang de son Sauveur teignit Jérusalem , Prit l'empire du ciel pour l'empire du monde. Et dit en blasphémant : « Que ton sang nous inonde, 0 roi de Bethléhem ! »
Ah! nous n'avons que trop affecté cet empire! Depuis qu'humbles proscrits échappés du martyre. Nous avons des pouvoirs confondu tous les droits. Entouré de faisceaux les chefs de la prière , Mis la main sur l'épée, et jeté la poussière Sur la tête des rois.
Ah I nous n'avons que trop aux maîti*es de la terre Emprunté, pour régner, leur puissance adultère,
Et, dans la cause enfin du Dieu saint et jaloux, Mê\é la voix divine avec la voix humaine, Jas<iu*à ce que Juda confondit dans sa haine La tjTannie et nous.
Voilà de tous nos maux la fatale origine; Ci^i de là qu'ont coulé la honte et la ruine, La iiaine, le scandale et les dissensions; Ci*^{ de là que Fenfer a vomi l'hérésie , Kl que du corps divin tant de membres sans vie Jonchent les nations.
•' Mais du Dieu trois fois saint notre injure est Tinjure. Faut-il Tabandonner au mépris du parjure, \u\ langues du sceptique ou du blasphémateur? Faut-iK lâches enfants d'un père qu'on offense, Tout bouffrir sans réponse et tout voir sans vengeance? » Et que fait le Seigneur?
Sa terre les nourrit, son soleil les éclaire, >a f:i:àce les attend, sa bonté les tolère; lU ont part à ses dons qu'il nous daigne épancher; Pour eu\ le ciel répand sa rosée et son ombre, Et de leurs jours mortels il leur compte le nombre Sans en rien retrancher.
Il pr^te sa parole à la voix qui le nie; Il compatit d'en haut à l'eireur qui le prie; \ d^'faut des clartés, il nous compte un désir. La UH\ qui crie : Allah ! la voix qui dit : Mon përel Lui portent Tencens pur et l'encens adultère : A lui seul de choisir.
\hî [K»ur la vérité n'affectons pas de craindre : Lé* xMJifle d'un enfant, là-haut, peut-il éteindre L'a>lre dont l'Éternel a mesuré les pas? tlk était avant nous, elle survit aux âges;
Elle n'est point à l'homme, et ses propres nuages Se l'obscurciront pas.
Elle est, elle est à Dieu qui la dispense au monde. Qui prodigue la grâce oii la misère abonde. Rendons grâce à lui seul du rayon qui nous luit. Sans nous épouvanter de nos heures funèbres. Sans nous enfler d'orgueil , et sans crier ténèbres Aui enfants de la nuit.
Esprits dégénérés! ces jours sont une épreuve. Non pour la vérité, toujours vivante et neuve. Mais pour nous, que la peine invite au repentir. Témoignons pour le Christ, mais surtout pour nos vies; Notre moindre vertu confondra plus d'impies Que le sang d'un martjT.
Chrétiens , souvenons-nous que le chrétien suprême N'a légué qu'un seul mot pour prix d'un long blasphème A cette arche vivante où dorment ses leçons; Et que l'homme, outrageant ce que notre âme adore. Dans noire cœur brisé ne doit trouver encore Que ce seul mot : « Aimons ! n