‹ Œuvres de LamartineChapitre 60 sur 145 · LA TRISTESSE · texte numérisé non relu

LA TRISTESSE

L^àme triste est pareille Au doux ciel de la nuit, Quand Fastre qui sommeille De la voûte vermeille A fait tomber le bruit.

Plus pure et plus sonore, On y voit sur ses pas Mille étoiles éclore.

Qu'à réclatante aurore On n'y soupçonnait pas;

Des Iles de lumière Plus brillante qu'ici , Et des mondes derrière, Et des flots de poussière Qui sont mondes aussi.

On entend dans l'espace Les chœurs mystérieux Ou du ciel qui rend grâce,

Ou de range qui passe.

Ou de rhomme pieux ;

Et , pures étincelles De nos âmes de feu, Les prières mortelles Sur leurs brûlantes ailes Nous soulèvent un peu.

Tristesse qui m'inonde.

Coule donc de mes yeux ; Coule comme celte onde Où la terre féconde Voit un présent des cieux !

Et n'accuse point l'heure Qui te ramène à Dieu !

Soit qu'il naisse ou qu'il meure , 11 iaut que l'homme pleure Ou l'exil, ou l'adieu.

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