‹ Œuvres de LamartineChapitre 63 sur 145 · MELODIE · texte numérisé non relu

MELODIE

Otte fleur est pour moi la date d'une année Qtie le fleuve du temps a noyée en son cours ; Mugi fois la même fleur s'est rouverte et fanée l)»»puis... Mais celle-là me fait rêver toujours.

<- était un de ces jours que jamais on n'oublie, J<mrde bonheur suprême, hélas! sans lendemain. Olle que j'adorais, et qui l'avait cueillie, Quand le soir fut venu l'effeuilla dans ma main.

• Le soleil est couché, mais gardons, me dit-€lle, QiH'hjue chose du moins du jour évanoui. L'Iioure qui vit s'ouvrir cette fleur sous son aile F^t la même qui vit mon cœur épanoui.

■ Nous ne pouvons, hélas ! enchaîner à la rive i n seul des flots du temps, qu'il soit amer ou doux ; Mais nous pouvons semer sur l'onde fugitive Nos débris de bonheur en mémoire de nous ! »

L'homme heureux de Samos* aux flots jeta sa bague, Pour éprouver les dieux et tenter son bonheur; Le flot la lui rendit... Nous, jetons à la vague, A la vague du temps, ce jour et cette fleur!

Et si Dieu nous les rend, même dans l'autre monde. Rendons grâce à la vie, et disons : « Gloire à lui! » Le chemin est bien long, la nuit est bien profonde; Mais le ciel n'est pas loin , car l'amour nous a lui !

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