SUR LA TOMBE DE M. AIMÉ MARTIN
Messieurs,
Nous voici arrivés auprès de la tombe de l'autour de Paul et Mrtjiuie et des Études de la Nature, pour y déposer le disciple à cùié du maître.
Je n'ai jamais parlé en face d'un cercueil. Quand l'homme cnire par cette porte mystérieuse dans l'immortalité, aucun bruit de la terre ne doit le suivre, selon moi, excepté le bruit des pas d»*s amis qui l'accompagnent jusqu'au seuil. Il y a entre ces deux vies, dont l'une commence, dont l'autre finit au bord de cette fosse, un abîme qu'aucune parole humaine ne peut franchir. Sur cette limite de l'infini, tout paraît petit, même ce qu'il y a de plus grand dans l'homme, ses affections et ses douleurs. Taisonsnous donc, si nous regardons du côté éternel de ce sépulcre.
Mais si nous regardons du côté terrestre, disons aux survivants quel fut l'homme que nous ensevelissons ici dans l'estime universelle de ses contemporains, dans la mémoire bienveillante de son siècle et dans les inconsolables regrets de ses amis.
Toute la vie d'Aimé Martin se raconte en un mot. Il fut un homme de lettres dans l'antique et grande signification de ce IL 26