II. il
Le rideau ténébreux du sombre sanctuaire Dans le temple ébranlé du coup se déchira; Le jour entra tout pur dans Tombre des symboles, Los fantômes sacrés d'Oreb et de Sina Pâlirent aux éclairs des nouvelles paroles. Et le passé s'illumina !
0 Christ , n'était-ce pas ton signe ?
N'était-ce pas pour dire d l'antique maison Que de voiler le jour nulle arche n'était digne; Qu'une aube se levait sans ombre à l'horizon; Que Dieu ne resterait caché dans nul mystère; Que tout rideau jaloux se fendrait devant toi; Que ton Verbe brillait son voile , et que la teri'e
N'aurait que ton rayon pour foi ?
Nouveaux fils des saintes demeui-es, Dieu parle : regardez le signe de sa main ! Des pas, encor des pas pour avancer ses heures! Le siècle a fait vei*s vous la moitié du chemin. Comprenez le prodige, imitez cet exemple; Déchirez ces lambeaux des voiles du saint lieu ! Laissez entrer le jour dans cette nuit du temple î
Plus il fait clair, mieux on voit Dieu!
Voyez se presser à la porte Cette foule en rumeur d'adoi-ateui-s sans voix Qui court après ses dieux que la raison emporte, Comme autrefois Laban après ses dieux de bois! Ne tirez plus les siens de l'arche des symboles, Mais dites-lui qu'aux sens le temps les a repris. Que tous ces dieux de chair n'étaient que des idoles,
El d'aller au Dieu des esprits !
Hâtez celte heure fortunée , Où tout ce qui languit de la soif d'adorer. Sous l'arche du Très-Haut, d'astres illuminée.
RECUEILLEMENTS POÉTIQUES, 4l9
Pour aimer et bénir viendra se rencontrer ! Que le mystère entier s'éclaire et se consomme! Le Verbe où s'incarna l'antique vérité Se transfigure encor; le Verbe s'est fait homme, Le Verbe est ftUt humanité !
La foi n'a-t-elle point d'aurore?
V\ant qu'à l'horizon l'astre des cieux ait lui, Dans ces foyei's des nuits qu'un jour lointain colore, On croit le reconnaître à ces feux teints de lui; Mais lui-même, noyant les phares de ses plages Dans des flots de splendeur et de sérénité, Efface en' avançant ses multiples images
Sous sa ravonnante unité!