‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 156 sur 236 · CHAPITRE LTV · texte numérisé non relu

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Histoire de don André d Alvara.de et de doua Cinthia de la Carrera. Avis de don Chérubin. Don André le % où/e et sc résout a le suivre.

Pour oublier plus facilement la fdle de Salzedo, je m attachai plus que jamais à faire ma cour aux dames de Mexico les plus aimables. Je voyois aussi de jeunes gentilshommes avec qui je faisois tous les jours des parties de plaisir. Je formai entre autres une étroite liaison avec don André d’Alvarade, arrière-petit-fils de ce fameux Alvarade dont il est fait une mention si honorable dans 1 histoire de la conquête du Mexique : nous devînmes intimes amis.

Un. jour, 1 étant allé voir, je le trouvai dans sa chambre, étendu sur un sofa de soie de la Chine, et plongé dans une rêverie si profonde, que j’entrai sans qu d s’en aperçût. Je demeurai quelques moments devant lui, il etoit tellement occupe du sespensees, qu’il ne 111e voyoil pas; et, s’imaginant être seul, il pro- Le Rachelier. .0

l’J.i LE BACHELIER DE SALAMANQUE, nonça ces paroles à liautc voix : Oui, je crois «pie cette créature-là me leva devenir (ou. En parlant de celte sorte il sortit de sa rêverie, et se mit à rire en me voyant. Ah! cher ami, me dit-il, vous voilà? Vous me trouvez absorbe dans mes réflexions; et, puisque vous m’avez entendu, je ne vous ferai point un mystère de l’état où je suis. J’aime, ou plutôt j’adore une dame qui me désespère.

Hé! qui est cette cruelle, lui dis-je, cette ingrate dont vous vous plaignez? C’est, répondit-il, doua Cinthia de la Carrera , lille de don Joachim de la Carrera , conseiller de la chancellerie. Vous ne l'avez jamais vue, et c’est une nouvelle connoissance que j'ai faite pour mon malheur. C’est une dame d une beauté ravissante; mais l’espérance de lui plaire m’est interdite. Elle est recherchée par don Bernard de Orosco et par don Julien de Martara, qui sont deux jeunes seigneurs d’un grand mérite.

Je vous entends, interrompis-je, mon ami; ces concurrents vous font de la peine, leur recherche vous épouvante. Fort peu, répliqua-t-il; tout redoutables qu’ils sont, je les crains moins que l’étrange caractère de Cinthia : elle est si altière et si dédaigneuse, qu'elle ne croit pas qu’il y ait sur la terre un homme qui soit diene de son attention. Elle devient comme une furie dès qu’on lui parle d’amour. Don Joachim, son père, qui voudroit bien la marier, mais qui ne veut pas la contraindre, la trouve si opposée à son intention, qu il n’ose plus la presser de prendre un époux. Croiriezvous bien que dans l’appartement de cette inhumaine, tout annonce quelle est ennemie de l’amour? On n’v

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