CHAPITRE LX XI I
ces enragés, je me retirai sagement, et , par ma brusque retraite, j évitai le sort de l’empereur Monlézume
Les choses n’en demeurèrent point là. Quelques prêtres, s étant mis de la partie, irritèrent la fureur des mécontents, dont quelques-uns, s étant armés de fusils commencèrent à tirer aux fenêtres, et à faire siffler es balles dans le palais, tandis que d’autres, avec des leviers, s'efforcent d’abattre la muraille pour y entrer. Pendant cinq ou six heures que dura ce tumulte un page et deux gardes du comte, qui parurent aux balcons avec des carabines pour riposter aux tireurs du dehors, eurent le malheur de périr, après avoir de eur cote couche par terre quelques séditieux. Nous en aurions fait un grand carnage si nous eussions eu quelques pièces de canon; mais il n’y en avoit ni dans e palais ni dans la ville, les Espagnols n’appréhendant point d être attaqués par des nations étrangères.
Au défaut du canon, le comte de Gelves fit arborer sur ses balcons l'étendard royal, et sonner la trompette, pour appeler les habitants au secours de leur roi, dont il représentait la personne. Ce qui fut encore inutile, puisqu’aucun de ses amis ni des officiers de la chancellerie n'accourut pour le défendre. Cependant la nuit sapprocboit, et les mécontents l'attendoient avec impatience pour augmenter le désordre. Comme ils s’étoient aperçus que la porte de la prison pouvoit aisément être enfoncée, ils l’enfoncèrent, ou plutôt le geôlier la leur ouvrit. Ils mirent en liberté les orisonniers, T", se joignant à eux, les aidèrent à mettre le
1 Ce prince fut tué d’Sn coup de pierre, connue il parlait du haut d un balcon a ses sujets, pour les engager à mettre les armes bas.