‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 205 sur 236 · I.e Bachelier · texte numérisé non relu

I.e Bachelier

3;o LE BACHELIER DE SALAMANQUE, feu à la prison, et à brûler une partie du palais. Alors les principaux habitants, craignant que la ville ne fût réduite en cendres, sortirent de leurs maisons, et, pour leurs propres intérêts, apaisèrent la populace, ils lui firent éteindre le feu; sans cela Mexico eût eu le destin de la ville de Troie.

Mais s’ils eurent assez d’autorité pour empêcher que la canaille ne brûlât le palais du vice-roi, ils n’eurent pas le pouvoir de préserver du pillage tous les effets de ce seigneur. Une partie de ses meubles fut enlevée; et lui-même, pour pourvoir à la sûreté de sa personne, se vit obligé de se réfugier avec son épouse et son fils chez les Cordeliers, qui étoient les seuls moines cpii ne fussent pas de ses ennemis. Ces pères lui donnèrent un logement assez commode dans leur couvent, qui est d’une vaste étendue. Ce logement étoit celui du père provincial de l’ordre, qui n’étoit point alors à Mexico. C’étoit un grand corps-de-logis qui contenoit plusieurs appartements fort petits et très simplement meublés, à l’exception de celui où couchoit sa révérence. Pour ce dernier, il étoit composé de cinq ou six pièces, et l’on peut dire qu’on n’y voyoit rien qui sentit la pauvreté religieuse.

Salzedo, Planche et moi, nous allâmes joindre le comte au couvent pendant la nuit. Ses principaux domestiques et. les nôtres s’y rendirent aussi, et nous nous trouvâmes enfin tous logés, tant bien que mal. Le lendemain, dès la pointe du jour, monseigneur nous fit appeler, mon beau-père et moi, pour délibérer tous trois sur ce qu’il convenoit de faire dans une si triste conjoncture. Il n’y a point d’autre parti à prendre, dit

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