‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 208 sur 236 · CHAPITRE EX XI II. 3- -J · texte numérisé non relu

CHAPITRE EX XI II. 3- -J

afiairo très importante. On jugea qu’il étoit absolument nécessaire de punir les plus coupables des séditieux pour retenir dans le devoir les autres provinces de 1 Amérique, lesquelles, ne se voyant qu’à regret sous li joug espagnol, pourraient être tentées de suivre le mauvais exemple des Mexicains. Il fut arrêté dans le conseil qu on enverrait à Mexico don Martin de (ia- 1 dlo, prêtre et inquisiteur de Valladolicl, en qualité de commissaire, pour y faire les informations convenables, avec pouvoir de châtier rigoureusement quelques-uns des principaux habitants, pour n’avoir pas couru au son de la trompette se ranger sous l'étendard royal.

< )n y résolut aussi de changer les officiers de la chancellerie, pour avoir laissé le vice-roi dans le péril , sans se donner le moindre mouvement pour l’eu tirer.

A l’égard de l’archevêque don Alonso, il eut beau solliciter a la cour, personne dans le conseil ne voulut entreprendre sa défense, tant on trouva sa conduite oigne de blâme. On le dépouilla meme de son riche bénéfice, pour le faire évêque de Zamora, petit diocèse de quatre mille écus de rente. C’étoit en quelque façon devenir d’evêque meunier; maison trouvoit encore que la cour marquoit assez déconsidération pour la maison de Zerna.

Le premier ministre, que la sédition des Mexicains niquietoit , ne me retint pas long-temps a Madrid. Si me renvoya promptement avec une dépêche pour le vice-roi. Je retournai à Mexico avec don Martin de Carillo, dont l’arrivée répandit la terreur dans cette ville. Les citoyens pour la plupart se sentant coupables craignoient d être punis, I ont le monde jugeoit que

3;4 le BACHELIER DE SALAMANQUE, la cour vouloit faire un exemple, et chacun trembloit pour lui ou pour ses amis; mais ils en furent quittes pour la peur. Don Martin les rassura , en leur déclarant de la part du roi que sa majesté, aimant mieux ecouter sa clémence que sa justice, leur accordoit une amnistie générale.

Celte déclaration produisit un effet admirable. Le peuple, qui partout change comme le vent, fut touché de la bonté de son souverain, et s'écria : Vive noire bon rot Philippe! J tve le comte de Gelves , son ministre / Alors vous eussiez vu ces mêmes séditieux, qui avoient voulu massacrer ce seigneur, aller en foule aux Cordeliers le demander pour le conduire à son palais avec des acclamations et des démonstrations de joie excessives.

Le vice-roi , qui jusque-là n’étoit point sorti du couvent depuis. qu il s’y étoit réfugié, voyant qu’il pouvoit impunément se montrer en public, s'en retourna chez lui, où, ce qui le surprit, bien agréablement, il retrouva ses effets tels qu’il les avoit laissés en se sauvant chez les moines; car, par le plus grand bonheur du monde, les gentilshommes , (pii avoient eu assez de pouvoir sur la populace pour calmer sa fureur et lui faire éteindre le feu, avoient eu en même temps la précaution de faire garder les portes du palais par les mutins même, en leur défendant de voler, de peur qu’il ne vînt des ordres de la cour qui les en lissent repentir. Si. bien que dans le palais tout reprit sa première face.

J’ai oublié de dire qu’à mon retour d Espagne, lorsque je rendis compte de mon voyage à monseigneur, il me fît une question : Comment le duc d'Olivarès vous

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