‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 219 sur 236 · CHAPITRE LXXVI 3q · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVI 3q

']uc io n aurais pas attendu de vous tant de résistance 5 • nai>, entre nous , la délicatesse de ( .ope m et on ne fort ; et voulez-vous liien (pie je vous dise (pie si voire rapport est vrai, il 11 est guere vraisemblable ? J en demeure d accord avec vous, reprit l'épouse, je l’ai échappée bel le. Je vous en réponds, repartit le mari. Il m’a pris pendant \olro récit une sueur (roule (pu dure encore en ce moment. Outre le danger epic vous a fait courir le capitaine anglois, vous 11 avez pas été dans un moindre péril a\ ee ces deux (ripons de matelots qui vous ont conduite a ÏUohna.A ous êtes bien heureuse qu'ils ne vous aient [iris que votre argent.

< )h ea, nia chère femme, continua-t-il , n’en parlons plus. IN ous nous retrouvons donc en 1 1 11 , a 110s biens près , dans le même état où nous étions à notre départ de Cadix. Ce ciel en soit loué. Ce qui nous doit consoler, mon enfant, c est que nous allons faire en peu de temps une nouvelle fortune. Ce comte de Celves est revenu des Indes avec d immenses richesses, et on l’a fait grand

ecuyer. Don Chérubin de la Ronda, mon ancien maître, est secrétaire de ses commandements, et moi je suis i edevenu valet de chambre de don \lcxis. \ mesure (jue ce jeune seigneur avance en âge, on lui fournit plus d argent pour ses menus plaisirs; et comme je suis i administrateur de ses espèces, mon poste deviendra meilleur de jour en jour.

Don Alexis, dit Claudine, est-il toujours galant? Plus ({ue jamais, répondit ioslon; il est actuellement amoureux d'une personne qu’il a vue sortir de ce jardin ces jours [lassés, et celte personne pourrait bien être Céouore, votre maîtresse. C est elle-même, reprit la créole;

•'.94 LE BACHEL1ETÎ DE SALAMANQUE.

• ai elle ma dit qu un de ces matins un cavalier l’avoit abordée dans cette prairie, e! qu’elle s’étoit entretenue assez long-temps avec lui. Eh! comment, dit Toston , vous a-t-elle paru affectée de cet entretien? Pas mal , reprit la suivante. Je vous assure que s'il en avoit encore d autres avec elle, il pourroit s’en faire aimer. Je vous dirai plus : je ne sais si ma maîtresse ne craint pas de revoir ce cavalier; elle n'est pas sortie du jardin depuis le jour qu’elle lui parla ; elle a peut-être peur de le rencontrer.

La bonne nouvelle pour mon maître! s’écria Toston. Je vais la lui porter tout a 1 heure. Avec quelle joie ne I apprendra- 1- il pas ! Sans adieu, ma chère Blandine, mes fideles amours, nous nous reverrons. Demeurez auprès de Léonore, l’intérêt de don Alexis le demande. Secondez par vos bons offices les mouvements que nous allons nous donner pour lui plaire Après cette conversation ces deux époux se séparèrent, en protestant de part et d’autre qu ils pardonnoient à la fortune le tour qu’elle leur avoit joué, en faveur du plaisir qu’elle leur faisoit de les rejoindre.

Page 1