‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 47 sur 236 · CHAPITRE Y Y · texte numérisé non relu

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que je vous la fais : Je connois quelques personnes de Salamanque. Est-ce clans cette ville que vous avez, pris naissance? Non, lui repartis-je, mais aux. environs. Je suis venu au monde à Molorido, gros bourg, dont mon père étoit alcade. Comment se nonunoit-il, dit Basilisa ? Il s’appeloit don Roberto de la Ronda. Ah! mon trere, s'écria la dame en se levant pour venir ni embrasser, mon cher don Chérubin, c’est vous! Est-d possible que la fortune vous rende aujourd’hui à votre sœur Francisca ! car c’est elle que vous rencontrez ici sous le nom de Basilisa.

Le sans fit en moi également bien son devoir. J’eus tant de joie d’avoir retrouvé ma sœur, que je la serrai entre mes bras avec un saisissement qui m’empêcha de parler pendant quelques instants. De son coté, pénétrée de l’excès de ma sensibilité, elle devint muette à son tour; de manière que nous ne pûmes d’abord nous exprimer que par des larmes. Isménie et don Manuel furent attendris de notre reconnoissance, et nous accablèrent d'accolades, pour nous marquer la part qu ils v prenoient tous deux.

Après tant d’embrassements, nous nous remîmes a table, et nous recommençâmes à nous entretenir avec la même gaieté qu’auparavant. La conversation n’étoit pas toujours générale. De temps en temps Basilisa, que je n’appellerai plus désormais que doua Francisca, me faisoit tout bas des questions sur la famille; et tandis que nous parlions ainsi, don Manuel entretenoit Isménie de la même façon. La nuit étoit iort avancée quand nous prîmes congé de ces dames. Don Chérubin, me dit ma sœur, venez demain dîner avec moi tête-a-

7a LE 'BACHELIER DE SALAMANQUE, tete. Je meurs d’impatience d’apprendre vos aventures , et vous ne devez pas en avoir moins de savoir les miennes.

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