CHAPITRE X
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d’Alct ira/, et nous pouvions compter que ce gouverneur meltroit la Sainte-I lermandad à nos trousses dès qu'il serait informé de notre combat. Il faut ajouter à cela que le cavalier qui a voit eu le malheur d’etrenner ma rapière, étoit d’une famille qui avoit aussi beaucoup de crédit. D'un autre côté, dans quelque endroit du monde qu d nous prît envie de nous retirer, d nous fai 1 oit de l'argent. Tout cela bien considéré, nous résolûmes de regagner Alcaraz avant qu’on y sut la mort de Lorca, de nous munir d’or et de pierreries, et de nous sauver à Barcclonne pour nous y embarquer sur le premier vaisseau qui mettrait à la voile pour l'Italie.
Sitôt que nous eûmes forme ce dessein, nous retournâmes en toute diligence au logis, où, sans perdre de temps, nous nous chargeâmes de tout ce que nous pûmes emporter de pistoles et de bijoux; ensuite nous dîmes adieu à doua Pailla et à sa tante, après être convenus avec elles des moyens d’avoir secrètement ensemble un commerce de lettres. Nous partîmes pour Barcelonne, suivis d'un seul valet; mais ne trouvant point, en arrivant dans cette ville, l’occasion de passer en Italie, nous fûmes obligés, en l'y attendant, de nous arrêter quelques jours.
( )n ne saurait s’imaginer ce que je souffris pendant ce temps-la. il faut avoir fait un mauvais coup pour concevoir les alarmes et les inquiétudes qui troublèrent mon repos. Quoique j’eusse tué mon cavalier en galant homme, je n'a vois pas moins de peur de tomber entre les mains de la justice que si j’eusse commis un assassinat. Je croyois voir sans cesse des archers qui venoient fondre sur moi. Quand | apercevois quelqu’un qui m en-