L1 VKK II, CHAH. VI
je ne eraignois de perdre la bonne île que mon maître ma promise, franchement j'enverrois la chevalerie errante à tous les diables. Le roi de Chypre vous a donc maltraité? reprit don Alvar. lion! le roi de Cliypre, repartit l'écuyer, c’est mon enragé de maître qui s’est mis dans la tête que j’étois Barrabas, et qui m’a roué de coups : mais qu’il se désaccoutume, s’il lui plaît, de voir les choses eu chevalier errant, car sa manière de voir ne m’accommode point du tout. Ce qui me console, c’esi que ses bonnes œuvres ont eu leur récompense. Ses fesses n’ont pas mal été régalées par messieurs vos pages, à qui Dieu le rende, pour le plaisir qu ils m’ont fait d’être venus à mon secours. Ami Saneho, dit don Alvar, il ne faut pas dire que ce sont mes pages qui ont fouetté le seigneur l)on Quichotte, mais des enchanteurs sous la figure de mes pages. Bon, répartit Sancho, nous en revenons toujours là. Nous ne savons danser que le même branle. Toujours des enchanteurs par ci, toujours des enchanteurs par là. Je crois, Dieu me pardonne, qu’ils nous enchanteront bientôt le pain dans la bouche. La simplicité de Sancho divertissoit tellement le Grenadin, qu’il l’emmena dans sa chambre pour le faire parler pendant qu'il s'habillerait.