‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 7 sur 215 · LIVRE V, CH AP. II. t · texte numérisé non relu

LIVRE V, CH AP. II. t

la main avec tant de promptitude, qu il eut le temps de la baiser avant que la dame pût la retirer. Quelque prévention favorable où elle fût pour le jeune inconnu, son action , qu’elle trouva trop libre, I irrita. I cinéraire, lui dit-elle d’un ton lier mêlé de colère, peux-tu bien me connoîlre , et me tenir ce discours ( -rains que , pour punir ton insolence, je ne tourne contre ton sein les llècbes de mon carquois. Alors, sans le regarder davantage. elle s’éloigna de ce lieu, moins irritée toutefois qu’elle n’affectoit de le paraître, et chercha le plus épais du bois pour rêver en liberté à cet événement.

La dame du château, l’aimable Calidore, s’arrêta dans cet endroit de son récit pour prendre haleine, puis, remarquant que le comte d’Angers, Brandimart et Sacripant l’écoutoient avec d’autant plus d attention , qu elle n’avoit point encore parlé de la fontaine de la Huche, ni de la garde du pont, ce qu'ils étoient plus curieux de savoir que tout le reste, elle continua dans ces termes.

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