‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 101 sur 191 · I.OI.l \ i · texte numérisé non relu

I.OI.l \ i

Oui, oui, Monsieur, j’irai risquer de inc faire assommer du fils pour rendre service a un père défiant, et sans reconnoissance peut- être!

Ne le voilà-t-il pas! Je conçois des soupçons dont je ne puis me défendre! Ne me déguise rien, Lolive; dis la vérité une fois en ta vie; ne crains rien de mon fils, je te prends sous ma protection.

LO LT VE

Vous me donnez de la hardiesse. Oui, Monsieur, je voulois vous éloigner d ici ; mon zèle ne pouvoit souffrir qu’on y jouât un si honnête homme. Vous saurez donc premièrement que monsieur votre fils aime Angélique.

DAM I S

1! aime Angélique?

Il en perd l’esprit ; il l’idolâtre.

D AM) s.

Et il me conseille de l’épouser! Comment accordestu cela? Allons, allons, monsieur Lolive, voilà une fourberie qui n’a pas le sens commun.

LOLIVE.

Qui n'a pas le sens commun! dans laquelle vous allez donner ; cependant mademoiselle Angélique ne l'aime pas, lui.

D AMIS

Je le sais bien : elle est charmée de moi.

LOLl VE.

Autre erreur. Vous m’avez ordonné d’être sincère: elle vous hait parfaitement.

1 1 S LES AMANTS JALOUX

I)A MIS

Bon, bon! depuis que mon mariage est déclaré, j’ai reçu d’elle mille témoignages d’amitié aux yeux même de Gléante.

LOUVE

Monsieur, elle aime Éraste, que vous connoissez, et qui , d’intime ami qu’il étoit de M. Gléante , est devenu son rival et par conséquent son ennemi. Cet Eraste, ayant appris que vous étiez près d’épouser sa maîtresse, qu’a-t-il fait? Il l’a demandée à madame Araminte pour vous l’enlever. Là-dessus Cléante a dressé une contre -batterie, en bâtant votre mariage, pour la ravir à Eraste. Voyez - vous bien cette manœuvre ?

dam rs.

Oui, je commence à comprendre.

L OLIVE

Je n’en doute pas, Monsieur; vous avez une pénétration qui perce tout.

D AMIS

M ais, Lolive, tu m’as dit tantôt, ce me semble, que mon (ils étoit épris de Lucde ; à telles enseignes que j’en devois faire la demande au père.

i. o L J VE.

Il est vrai, je vous l’ai dit, mais je vous dirai que Lucile et lui ne s’aiment point l'un l’autre, et que ce n’étoit que par dépit qu’ils cberchoienl à se marier ensemble; Gléante, pour oublier Angélique, et Lucile, pour se venger d’Éraste, dont elle est jalouse et qu’elle adore.

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