‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 102 sur 191 · LI VF · texte numérisé non relu

LI VF

Assurément* et cela m’afflige pour vous.

D'où vient?

LOLIVE.

Ne le voyez-vous pas? Lorsque vous serez l’époux d’Angélique, Eraste vous visitera tous les jours; si vous voulez empêcher ses visites, on lui donnera des rendez-vous.

Cela pourvoit bien arriver.

LOLIVE.

Après cela quels seront vos regrets! Vous allez faire de grands avantages à la future; c’est la règle à votre âge : on ne vous la donneroit point sans cela. Hé quel fruit pensez-vous recueillir d’un argent si mal employé? On vous fera sentir, à tout moment que vous êtes vieux, dégoûtant, insupportable. D’ailleurs si vous voulez user de quelque économie dans votre ménage, vous passerez pour un vilain, pour un vieux ladre, et votre maison n'en sera pas moins ruinée. Alors le chagrin vous prendra; et bientôt votre femme, après vous avoir bien fait enrager, aura le plaisir de devenir veuve. Ah ! mon cher maître, quand je me représente tous les déplaisirs qui vous menacent, le cœui me crève. Ah! que n’êtes-vous à Lyon.

LES AMANTS JALOUX

I)A MIS

Je crois, Lolive, que tu ne manques pas d’amitié pour moi.

LO liv r.

J'en ai, Monsieur, mille fois plus qu'un fds qui vous sacrifie à sa vengeance.

dam i s.

Je ne doute pas, mon ami, que tu ne me dises la vérité; mais je voudrais quelque preuve marquée des sentimens d Angélique. Après les caresses qu’elle m’a faites, j'ai de la peine à la soupçonner de mauvaise foi. l’rends -y bien garde, Lolive, ne te tromperoistu pas toi-même ?

l o LI V F.

Je le souliaiterois. Mais vous pouvez aisément vous assurer des choses. Vous allez et venez librement dans la maison de madame Araminte; tâchez, sans qu’on vous aperçoive, de surprendre Angélique et Lisette en conversation. Ia’s suivantes ont ordinairement le secret de leurs maîtresses, et ne s’entretiennent pas moins souvent avec elles des hommes qu’elles haïssent que de ceux qui leur sont chers.

DAM JS.

Oui, ma foi; j’approuve l’expédient.

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