AYANT-PROPOS
Un après- souper, je m’amusai à lire les remarques de M. Dacier sur les odes d’Horace, et je lus surtout avec attention un endroit où ce savant commentateur parle ainsi des Parques : « Suivant l’opinion des anciens, « Clotho, Lachésis et Atropos étoient trois sœurs, filles « de Jupiter et de Thémis. Hésiode les fait filles de la « Nuit, et Platon, de la Nécessité. Clotho tient la queif nouille et tire le fil, Lachésis tourne le fuseau, et « Atropos coupe. Elles sont maîtresses de la vie des « hommes , depuis qu’ils sont nés jusqu’à ce qu’ils « meurent : elles n’épargnent personne, et le fil tran- « ché par Atropos est l’heure fatale de la mort. » Dans un autre endroit, M. Dacier dit : « Les Parques « se servoient de deux sortes de laines, de blanche et « de noire. Elles employoient la blanche pour filer une « vie longue et heureuse; et l’autre, pour filer des « jours malheureux et de peu de durée : ou plutôt (f (ajoute-t-il) elles fdoient des laines qu’elles tiroienl « des paniers qui étoient à leurs pieds, et dans lesquels « il y avoit des fusées noires et des fusées blanches, ce Elles mêloient ces laines en filant, lorsque la vie des (f hommes étoit mêlée; c’est-à-dire que, pour marquer et un malheur qui devoit arriver, elles prenoient de la ff laine noire, qu’elles quittaient pour se servir de la « blanche, lorsque ce malheur devoit finir. Enfin,