‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 113 sur 191 · J 34 AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

J 34 AVANT-PROPOS

« quand un mortel touclioit à son dernier moment, et « qu’Atropos se préparoit à donner le coup de ciseau , « le (il devenoit tout noir. »

En lisant ce que je viens de rapporter, je m’arrêtois de moment en moment, et tâchois de me faire une image du travail des Parques; mais la confusion des idées qui s’offroient là-dessus à mon esprit m’assoupit peu à peu, et donna, la nuit, occasion à un songe fort singulier. Je rêvai que j’étois au haut des deux , dans une salle qui ressemldoit au magasin d’un marchand de draps : j’y voyois tout autour des rayons sur lesquels il y avoit une infinité de paquets de filasse et d’écheveaux de fils, et au bas une grande quantité de vases de différentes grandeurs, et qui me paroissoient d’une matière transparente, et semblables à celles de ces boules de savon que les enfants font pour s’amuser. La salle étoit vaste et bien éclairée; les étoiles du firmament lui servoient de plafond.

Tandis que je regardois de tous mes yeux cette salle céleste, les trois Parques y parurent subitement, sans que je visse par où elles y étoient entrées. Elles avoient la forme de trois petites vieilles, sèches et laides à faire peur. Elles ne firent pas semblant de m’apercevoir, et commencèrent à s’entretenir, sans prendre garde à moi, qui entendis leur conversation.

A mon réveil, trouvant mon songe assez plaisant, j’entrepris de l’écrire pendant que les images en étoient récentes. Voici à peu près quel fut l’entretien des Parques.

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