‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 167 sur 191 · PREMIÈRE PARTIE. »<h · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. »<h

père capucin, qui vint en passant nie demander un gîte, me la conta; et il y ajouta une chose fort plaisante : Dorimon l’officier, me dit-il, a un frère cadet dans le service. Un jour que ce cadet dînoit à Paris dans une maison de qualité , la maîtresse lui demanda s il étoit parent de M. Dorimon le financier. Non, Madame, lui répondit-il , je n’ai pas cet honneur-là, c’est mon frère.

LETTRE XV 111

D’un Parisien à un jeune homme de ses amis en province.

J’ai trop d'impatience, cher ami, de vous conter une petite aventure qui arriva hier au soir à la Comédie- Italienne, pour différer plus long-temps à vous la mander. Un abbé , qui avoit l’air d'un honnête homme , étoit sur le théâtre pêle-mêle avec des militaires et des gens de robe. Il écoutoit tranquillement la pièce que l'on représentoit, quand tout à coup le parterre capricieux s'avisa de trouver mauvais qu’il fut là. On entend aussitôt siffler et crier : A bas , monsieur l’abbé, à bas ! Monsieur l’abbé ne fit pas semblant de s'apercevoir que c’étoit à lui qu’on en vouloit, et il eut la patience d’essuyer les huées des badauds, sans perdre son sangfroid. Il ne fit par-là que redoubler les sifflets et les risées, qui durèrent pendant le premier acte, après lequel notre abbé se leva comme pour s’en aller. Le parterre alors renouvela scs ris insolents, dans la pensée

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