M. TROUSSE-GALANT, M. BOLUS, FROSINE
F RO SI NE accourant à sa voix.
Comme vous criez! Hé bien, Monsieur, que me voulez-vous ?
M. TROUSSE-GALANT
Ne m’est-on pas venu chercher de la part de madame la baronne de Tronsec?
FROSINE
Non , Monsieur.
M. TROUSSE-GALANT
Tant mieux : c’est signe que le dernier remède n’a pas produit un mauvais effet. Et de chez M. Bonnegriffe le procureur, a-t-on envoyé?
FROSINE
Oui, Monsieur.
M. TROUSSE-GALANT
Bon : c’est pour me dire apparemment que la tisane rafraîchissante que je lui fis prendre hier au soir l’a guéri d.e sa pleurésie.
FROSINE
Oui; car le pauvre homme est mort cette nuit. Son maître-clerc en furie est venu pour vous apprendre cette nouvelle; il vous a maudit, M. Bolus et vous. J’ai voulu prendre votre parti; il m’a dit un million d’injures. Heureusement je suis faite à cela ; je l’ai écouté de sang-froid.
M. TROUSSE-GALANT
De quoi peut-on se plaindre? J’ai fait saigner le malade plus de vingt fois; je l’ai rafraîchi : il dcvoit guérir, suivant nos anciens.
F h os IN E.
Et mourir, suivant les modernes.
M. TROUSSE-GALANT
Retirez-vous, impertinente : il vous sied bien à vous de parler contre les docteurs en médecine ! Laissez ce soin-là aux chirurgiens.
( Frosine sort. )