SCÈNE X l X
Demandez à M. Bolus de <|uelle manière nous l’avons reru. Nous n’avons présentement des yeux que pour la vieillesse.
M . T ROÜSS E-G A L A N T.
Je ne sais si tu parles sérieusement; mais, danS le fond, il est certain qu’un homme d’un âge un peu avancé vaut mieux que...
F ROSI NE
Cent mille fois. Je voudrois qu’on me présentât d’un coté quelque beau vieillard, et de l’autre un jeune morveux de mousquetaire. Je ne balancerois pas, Monsieur , je vous l’assure.
M. TROUSSE-GALANT
En effet un vieillard a mille complaisances pour sa femme.
FROSINE
Eli! oui, au lieu qu’un jeune homme n’en a que pour celle de son voisin. Le vieux mari nous laisse son bien en mourant, et l’autre ne meurt souvent qu’après avoir mangé le nôtre.
M. TROUSSE-GALANT
Cette fille quelquefois ne raisonne pas mal. Enfin, Marianne, je suis ravi que vous n’ayez plus de répugnance à épouser M. Bolus.
MARI ANNE bas.
Ah! que plutôt mille coups de poignard...
M. TROUSSE-GALANT
Que dit -elle entre ses dents de coups de poignard,
Le Sage. Théâtre, Mélanges. 3
LA TONTINE
FROSINÊ.
Elle (lit quelle se poignardera, Monsieur, si on ne lui donne M. Bolus. Elle en est folle, au moins.
M. TROUSSE-GALANT
Voilà une passion qui lui est venue Bien brusquement !
FROSINE
Et une passion légitime encore!
M. TROUSSE-GALANT
Mais c’est une fureur, Frosine.
FROSINE
Assurément. Quand vous lui auriez défendu d’aimer M. Bolus, elle ne l’aimeroit pas davantage.
M. TROIJSSE-GALANT.
Quels gens viennent ici ?
FROSINE
Ce sont deux espèces d’officiers.