SCÈNE XX
ie parle que de vous dans le inonde ! on dit que vous •tes un habilissiine, et que vos ordonnances sont écrites *n beau latin.
M. TROUSSE-GALANT
Monsieur!
CRI SP IN
Hé! qui sont ces aimables personnes?
M. TROUS S E- G A LA NT
L’une est ma fille, et l’autre sa suivante.
CRI SPIN va pour les embrasser.
Pour vous montrer que j’honore tout ce qui vous appartient, je veux aussi les embrasser.
MARIANNE le repoussant.
Tout beau, monsieur l’oflicier.
Vous nous prenez pour vos hôtesses.
M. TROU SSE -GALANT
Ces gens-là sont bien familiers.
CR ISPIN.
N’avez-vous qu’une fille?
M. TROUSSE-GALANT
Non, Monsieur.
CRISPIN
Tant pis. Quand elles sont tournées comme celles-là, la marchandise est de défaite.
M. TROUSSE-GALANT
Aussi vais-je, Dieu aidant, la marier à un apothicaire de mes amis.
CRISPIN
Fort bien. Vos malades n’ont qu’à s’attendre à beaucoup de clystères et de purgations.
LA TONTINE
M. TROUSSE-GALANT
Ils n’en manqueront pas.
CRISPIN
Plus je regarde votre fille, et plus je trouve qu’elle vous ressemble.
Vous vous moquez.
CRISPIN
Foi de héros, c’est votre portrait en miniature! vous avez tous deux les mêmes yeux , quoique de couleur différente. Son petit nez deviendra grand comme le vôtre; visage ovale, visage long, il faut avouer qu'il y a des ressemblances étonnantes dans certaines familles.
M. TROUSSE-GALANT
Venons, s’il vous plaît, Monsieur, à ce qui vous amène ici.
CRISPIN
Vous avez là une servante qui me lorgne. Il faut que je sois né pour faire le bonheur d’une soubrette, car elles m’agacent toutes.
M. TROUSSE-GALANT
Monsieur, de grâce, dites-moi qui vous êtes?
CRISPIN
Je suis colonel, et vous voyez avec moi mon major. Je viens vous consulter sur une maladie.
MARIANNE s’en allant.
Adieu, Monsieur le colonel.
CRISPIN
Pourquoi vous en allez-vous, les belles?
F ROSINE
Nous ne voulons point entendre la conversation d’un officier qui consulte un médecin.