SCÈNE XXIV
CR ISP IN.
Qui? moi! Ali! parbleu , ma mie, si vous n avez pas d'autre tempérament à nous proposer, T.aRose va passer le pas.
ÉRASTE
Oh! c’en est trop, mon colonel. Vous devriez vous rendre à cette condition.
Cela est aisé à dire, major; mais si vous étiez a ma place, le rang de colonel vous feroit tenir un autre langage.
K R A ST E
Non , foi de major.
CRIS PI N
Hé bien, épousez- la, et je consens a ce prix d’accorder la grâce au déserteur.
FR os IN E à Éraste.
Allons, monsieur le major, considérez les charmes de ma maîtresse.
Epousez- là, monsieur le major.
ÉRASTE
J'ai peu de goût pour le mariage; mais, pour faire plaisir à M. le docteur, je veux bien épouser sa fille, pourvu qu’on me donne une dot considérable. 11 n’est pas juste que je prenne une femme qui 11e m’apporte rien.
Il a raison, docteur. Il faut par reconnoissance lui taire quelque petit avantage. Cédez-lui, par exemple, dès a présent la jouissance de tous vos biens.
LA TONTINE
M. TROUSSE-GALANT
Je suis votre serviteur. J’aime mieux qu Ambroise meure. J’en serai quitte à meilleur marché.
Monsieur le major, vous paroissez généreux. Prenez ma maîtresse aux mêmes conditions qu’on la vouloit donner à M. Bolus ; c’est-à-dire pour la moitié du revenu des dix mille francs que M. le docteur a mis à la tontine sur la tête d’ Ambroise.
M. TROUSSE-GALANT
liasse pour cela.
É R AS TE
Pour me prêter à l’accommodement, je veux bien y consentir.
M. BOLUS
Et moi, je ne m’y oppose point. Je vous rends votre parole , monsieur le docteur. (Il sort.)
AMBROISE
Oui; mais qui me nourrira, du beau-père ou du gendre ?
M. TROUSSE-GALANT
Ce sera moi. Je te gouvernerai comme j'ai commencé.
A MB r o I SE.
Cela étant, j’aime mieux passer par les armes.
ÉR ASTE
Non, Ambroise, non ; je me charge de toi. Monsieur le docteur, j’aurai soin de sa santé; elle sera mieux entre mes mains qu’entre les vôtres.
cri s PI N.
Il me prend tout à coup fantaisie de me marier aussi et d épouser cette iille-là. . . (montrant Frosine. )