ACTE II, SCENE VIII
CLÉ ANTE
Vous ne m’auriez point abandonné connue a fait la volage Angélique.
LUC IL E
N otes - vous pas convaincu que vous me plaisez uniquement.
CLÉ A NTT.
Comme vous êtes persuadée que vous régnez seule dans mon cœur!
LOUVE
Que votre nouvel amour a déjà de force!
CLÉ ANTE
Le dépit, Madame, me ramènerait Angélique; oui, le dépit, si puissant sur vos pareilles, me la ramènerait, que je n’en sentirais pas la moindre émotion.
Ni moi non plus. Eraste, pénétré du plus vif repentir, viendrait à mes pieds me demander pardon, que je serais l’indifférence même. Que ne sont -ils réellement devant nous tous deux à nous prier de leur faire grâce. Vous laisseriez-vous attendrir, Monsieur? Pour moi, je serais insensible à leur désespoir.
CLÉANTE
Je détournerais la vue, et ne les écouterais pas.
LUCILE
Le beau tableau , Monsieur, le tableau ravissant ! vous le peignez - vous bien ? Eraste à mes genoux , Angélique aux vôtres. Ils nous redemandent notre tendresse; nous n’avons aucun égard à leurs larmes, et nous insultons même à leur douleur.
LES AMANTS JALOUX
LOUVE
Oui, vous n’étes que des perfides; vous ne méritez pas qu’on ait pitié de vous! Mais, Madame, puisque vous avez, mon maître et vous, pris tout à coup tant d’amour l’un pour l’autre , ne laissons point traîner l’affaire. Il faut que le père de Monsieur voie le vôtre au plus tôt. C’est la plus douce des vengeances, et la plus propre à faire oublier des chagrins de la nature des nôtres.