LIVRE III, ('.Il AP
me levai ni 11e in’liabi 1 lai point sans ressentir de vives douleurs, dont je ne pouvois me rappeler la cause, sans donner mille malédictions au vieillard (pu m’avoil fait traiter si cruellement, (’.e n'étoit plus pour moi ce personnage si digne de vénération, cet homme de bien que je m'applaudissois d’avoir rencontré; c’étoil alors un vieux sorcier, damné dès ce monde.
Vvant que de sortir de la chambre, je lus curieux de savoir par oit les esprits malins y étoient entrés. J'examinai d’abord la porte; et la trouvant au même état où je Pavois laissée en me couchant, c'est-à-dire fermée aux verrous, je ne pouvois croire raisonnablement qu'ils se fussent introduits par là; mais avant levé une tapisserie, j'aperçus une grande fenêtre qu'elle couvroit, et qui donnoit sur le corridor. Elle étoit même encore ouverte, les lutins ne s’étant pas mis fort en peine de la fermer. Je ne fis point de bruit, de peur que les battus 11e payassent encore l’amende, et je 11’aspirois qu’à me tirer de ce maudit endroit. J'étois déjà dans la galerie, lorsque Antonio Maria vint au devant de moi pour me dire (pie son maître in’attendoit dans une église à deux pas de là. Je 11e lui répondis qu’en le priant de me conduire à la porte de la rue; ce qu’il fit d’un aussi grand sang-froid que s’il 11’eiit pas été un des démons qui m’avoientsi bien berné. Dès que j’eus la clef des champs, je ne demandai pas mon reste; je m’enfuis tout à coup comme si je n eusse pas eu le moindre mal. Que la fraveur prête (b1 force! J’allois comme la pensée.
D’abord que je me vis en liberté, ma faim, (pie la crainte avoit suspendue, recommença de se faire sentir, e! devint telle, qu’il me fallut, pour la satisfaire, acbelei