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rence ; oc qui lut cause que je me mis sur nouveaux frais à presser la place, jusqu'à ce qu’enliii la senora Mencia, me voyant rebuté et prêt à lever le siéne battit la chamade, et nous dressâmes une capitulation qui contenoit les deux articles suivants. Primo , que si le prince d’Espagne, sur le rapport qu’on lui (croit dos agréments de Catalina , prenoit feu et se déterminoit à lui faire une visite nocturne, j’aurois soin d’en informer les dames ; comme aussi de la nuit qui seroit choisie pour cet effet. Secundo , que le prince ne pourroit s’introduire chez lesdites dames qu’en galant ordinaire , et accompagné seulement de moi et de son Mercure en chef.
Après cette convention, la tante et la nièce inc firent toutes les amitiés du monde; elles prirent avec moi un au de familiarité, a la faveur duquel je hasardai quelques accolades qui ne furent pas trop mal reçues; et lorsque nous nous séparâmes, elles m’embrassèrent d’ellesmèmes en me faisant toutes les caresses imaginables. C’est une chose merveilleuse que la facilité avec laquelle il se forme une liaison entre les courtiers de galanterie et les femmes qui ont besoin d’eux. On auroit dit, en me voyant sortir de la si favorisé, que j’eusse été plus heureux que je ne l’étois.
Le comte de Leinos sentit une extrême joie quand je lui annonçai que j avois fait une découverte telle qu’il la pouvoit souhaiter. Je lui parlai de Catalina dans des termes qui lui donnèrent envie de la voir. Je le menai ‘liez elle la nuit suivante, et il m’avoua que j’avois loi I bien rencontre. Il dit aux dames qu’il ne clou t oit nullement que le prince d'Espagne ne fût fort satisfait
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de la maîtresse que je lui avois choisie, el qu’elle de son côté auroit sujet d’être contente d’un tel amant; que ce jeune prince étoit généreux, plein de douceur et de bonté ; enfin il les assura que dans quelques jours il le leur amènerait de la façon qu’elles le désiraient, c’est-à-dire sans suite et sans bruit. Ce seigneur prit làdessus congé d’elles, et je me retirai avec lui. Nous rejoignîmes son équipage dans lequel nous étions venus tous deux, et qui nous attendoit au bout de la rue. Ensuite il me conduisit à mon hôtel, en me chargeant d’instruire le lendemain son oncle de cette aventure ébauchée , et de le prier de sa part de lui envoyer un millier de pistoles pour la mettre à fin.
Je ne manquai pas le jour suivant d’aller rendre au duc de Lerme un compte exact de tout ce qui s’étoit passé. Je ne lui cachai qu’une chose. Je ne lui parlai point de Scipion; je me donnai pour l’auteur de la découverte de Catalina : car on se fait honneur de tout auprès des grands.
Je m’attirai par là des compliments à mi-sucre. Monsieur Gil Blas, me dit le ministre d'un air railleur, je suis ravi qu’avec tous vos autres talents vous ayez encore celui de deterrer les beautés obligeantes! quand j’en voudrai quelques-unes , vous trouverez bon que je m’adresse à vous. Monseigneur, lui répondis-je sur le même ton, je vous remercie de la préférence; mais vous me permettrez de vous dire que je me ferais un scrupule de procurer ces sortes de plaisirs à votre excellence. Il y a si long-temps que le seigneur don Rodrigue est en possession de cet emploi-là , qu’il y auroit de l’injustice à l'en dépouiller. Le duc sourit de ma ré-