J'ai répondu ci-Klessus à ce que l'on trouve ici
87. L'âme n'est pas répandue dans le cerveau ; mais elle est présente dans le lieu, qui est le sensortum.
38. Ce que l'on dit ici test une simple affirmation sans preuVe. Deux corps, destitués d'élasticité, se rencontrant avec des forces contraires et égales, perdent leur mouvement. Et M. le chevalier Kewlon a donné un exemple mathématique, par lequel il paraît que. le mouvement diminue et augmente continuellement en quantité, sans qu'il soit communiqué en d'autres corps.
39. Le sujet dont on parle ici n'est point un défaut, comme l'auteur le suppose : c'est fa véritable nature de la tnûtiére (nacltee,
40. Si l'argument que l'on trouve ici est bien fondé, il prouve que l'univers doit être infini; qu'il a existé de toute éternité^ et if^'iï ne saurait oesier d'exister ; que Dieu a toujours créé autant
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d'hommes et d'autres êtres qu'il était possible qu'on en créât; et qu'il les a créés pour les faire exister aussi long-temps qu'il lui était possible.
i\ . Je n entends point ce que ces mots veulent dire : un ordre, ou une situation , qui rend les corps situables. Il me semble que cela veut dire que la situation est la cause de la situation. J'ai prouvé ci-dessus que l'espace n'est pas l'ordre des corps ; et j'ai fait voir dans cette quatrième réplique que l'auteur n'a point répondu aux arguments que j'ai proposés. Il n'est pas moins évident que le temps n'est pas l'ordre -des choses qui se succèdent l'une à l'autre , puisque la quantité du teoips peut être plus grande ou plus petite ; et cependant cet ordre ne laisse pas d'être le même. L'ordre des choses qui se succèdent l'une à l'autre dans le temps, n'est pas le temps même : car elles peuvent se succéder l'une à l'autre plus vite ou plus lentement dans le même ordre de succession; mais non dans le temps. Supposé qu'il n'y eût point de créatures , l'ubiquité de Dieu et la continuation de son existence feraient que l'espace et la durée seraient précisément les mêmes qu'à présent.
42. On appelle ici de la raison à l'opinion vulgaire ; mais, comme l'opinion vulgaire n'est pas la règle de la vérité, les philosophes ne doivent point y avoir recours.
43. L'idée d'un miracle renferme nécessairement l'idée d'une chose rare et extraordinaire. Car d'ailleurs il n'y a rien de plus merveilleux, et qui demande une plus grande puissance, que quelques-unes des choses que nous appelons naturelles ; comme , par exemple, les mouvements deà corps célestes, là génération et la formation des plantes et des animaux , etc. Cependant ce ne sont pas des miracles, parce que ce sont des choses communes. Il ne s'ensuit pourtant pas de là que tout ce qui est rare et extraordinaire soit un miracle. Car plusieurs choses de cette nature peuvent être des effets irréguliers et moins communs des causes ordinaires; comme les éclipses, les monstres, la manie dans les hommes, et une infinité d'autres choses que le vulgaire appelle des prodiges.
44. On accorde ici ce que j'ai dit. On soutient pourtant une chose contraire au sentiment commun des théologiens, en supposant qu'un ange peut faire des miracles.
45. Il est vrai que si un corps en attirait un autre, sans l'intervention d'aucun moyen, ce ne serait pas un miracle, mais une contradiction ; car ce serait supposer qu'une chose agit où elle n'est pas. Mais le moyen par h^quel deux corps s'attirent Tua
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l'autre , peut être invisible et intangible, et d'une nature différente du mécanisme : ce qui n'empêche pas qu'une action régulière et constante ne puisse être appelée naturelle, puisqu'elle est beaucoup moins merveilleuse que le mouvement des animaux , qui ne passe pourtant pas pour un miracle.
46. Si par le terme de forces naturelles on entend ici des forces mécaniques^ tous les animaux, sans en excepter les honimes, seront de pures machines, comme une horloge. Mais si ce terme ne signifie pas des forces mécaniques, la gravitation peut être produite par des forces régulières et naturelles , quoiqu'elles ne soient pas mécaniques.
N. B. On a déjà répondu ci-dessus aux arguments que M. Leibniz a insérés dans une apostille à son quatrième Ecrit. La seule chose qu'il ioit besoin d'observer ici, c'est que M. Leibniz, en soutenant l'impossibilité des atomes physiques (il ne s'agit point entre nous des points mathémaliqiies], soutient une absurdité manifeste; car, ou il y a tes parties parfaitement solides dans la matière, ou il n'y en a pas : s'il y en a, et qu'en les subdivisant on y prenne de nouvelles particules, qui aient toutes la même figure et les mêmes dimensions (ce qui est toujours possible), ces nouvelles particules seront des atomes physiques parfaitement semblables. Que s'il n'y a point de parties parfaitement solides dans la matière, il n'y a point de matière dans l'univers; car plus on divise et subdivise un corps, pour arriver enfin a des parties parfaitement solides et sans pores, plus la proportion que les pores ont à la matière solide de ce corps, plus, dis-je, cette proportien augmente. Si donc, en poussant la division et la subdivision à l'infini, il est impossible d'arriver à des parties parfaitement solides et sans pores, il s'ensuivra que les corps sont uniquement composés de pores (le rapport de ceux-ci aux parties solides augmentant sans cesse), et par conséquent qu'il n'y a point de matière du tout; ce qui est une absurdité manifeste. Et le raisonnement sera le même, par rapport à la matière dont les espèces particulières des corps sont composées, soit que l'on suppose que les pores sont vides, ou qu'ils sont remplis d'une matière étrangère.