‹ uvres de Louise LabéChapitre 10 sur 46 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

^iiMii^i^

NON hauria Vlyjfe o qualunqu' altro mai Piu accortofù, ia quel iiuino afpetto Pien di gratie, d'honor & di rifpeîto Sperato quai i fento affanni e guai.

Pur, Amor, co i begU ochi tu fatt' hui Toi piaga dentro al mio innocente petto, Di cibo (y di calor gia tuo ricetto, Che rimedio non v'e Ji tu no'l dai.

O forte dura, che mi fa effer quale

Punta d' un Scorpio, S* domandar riparo Contr el velen'' d'ail' ijiejfo animale,

Chieggio lifol' ancida quefta noia.

Non ejiingua el defr à me fi caro, Che mancar non potra ch' i non mi muoia.

O beaus yeus bruns, è regars dejlournej, O chaus fovpirs, ô larmes efpandues, O noires nuits vainement atendues, O iours lui/ans vainement retourne^ :

O trijîes pleins, ô defirs objiinej, O tems perdu, ô peines defpendues, O mile morts en mile rets tendues, O pires maus contre moy dejlinej.

O ris, ô front, cheueus, bras, mains & doits : O lut pleintif, viole, archet & vois : Tant de jlamheaus pour ardre une femmelle !

De toy me plein, que tant de feus portant, En tant d'endrois d'iceus mon cœur tatant, N'en eft fur toy volé quelque eJlinceUe.

0 longs defirs, O efperances vaines, Trijîes foupirs & larmes coutumieres A engendrer de moy maintes riuieres.

Dont mes deus yeus font fources & fontaine} :

0 cruautej, ô durte:^ inhumaines, Piteus regars des celejles lumières :

Du caur tranjî ô paJjHons premières, Eftimej vous croitre encore mes peines?

Qu'encor Amour fur moy f on arc ejfaie.

Que nouueaus feus me gette S* nouueaus dars Qu'ilfe defpite, & pis qu'il pourra face:

Car iefuis tant nauree en toutes pars, Qjie plus en moy une nouvelle plaie.

Pour m' empirer ne pourroit trouUer place.

Depuis qu'Amour cruel empoifonna Premièrement de f on feu ma poitrine.

Toujours hrulay de fa fureur diuine.

Qui unfeul iour mon caur n'abandonna.

Quelque trauail, dont affe\ me donna, Qjjelque menajfe & procheine ruine :

Quelque penfer de mort qui tout termine, De rien mon caur ardent ne s'ejlonna.

Tant plus qu'Amour nous vient fort ajfaillir, Plus il nous fait nos forces recueillir. Et toufiours frais en fes combats fait ejlre :

Mais ce n'ejl pas qu'en rien nous fauorife. Cil qui les Dieus & les hommes mefprife : Mais pour plus fort contre les fors paroitre.

Clere Venus, qui erres par les Cieus, Entens ma voix qui en pleins chantera.

Tant que ta face au haut du Ciel luira. Son long trauail (yfouci ennuieus.

Mon œil veillant s'atendrira bien mieus. Et plus de pleurs te voyant jettera.

Mieus mon lit mol de larmes baignera. De fes trauaus voyant témoins tes yeus.

Donq des humains font les Iqjje-^ e/prits De dous repos S- de fommeil ejpris.

l'endure mal tant que le Soleil luit :

Et quand iejuis quajî toute cajfee, Et que me fuis mife en mon lit lajfee. Crier me faut mon mal toute la nuit.

Deus ou trois fois bienheureus le retour De ce cler AJhe, & plus heureus encore Ce que fon ail de regarder honore.

Que celle là receuroit un bon iour,

Qu'elle pourrait fe vanter d'un bon tour Qpi baiferoit le plus beau don de Flore, Le mieus fentant que iamais vid Aurore, Et y ferait fur f es leures feiour I

C'ejî à moy feule à qui ce bien efi du. Pour tant de pleurs S* tant de tems perdu : Mais le voyant, tant luiferay de fejie.

Tant emploiray de mes y eus le pauuair. Pour dejfus lui plus de crédit auoir.

Qu'en peu de temps feray grande conquejîe.

On voit mourir toute chofe animée.

Lorsque du corps l'ame futile part :

le fuis le corps, toy la meilleure part : Ou es tu donq, b ame bien aymee?

Ne me laijfe\ par Jî long temps pàinee,

Pour me fauuer après yiendrois trop tari.

Las, ne mets point ton corps en ce hajart ;

Rens lui fa part & moitié ejîimee.

Mais fais, Ami, que ne f oit dangereufe

Cette rencontre & reuuë amoureufe.

L'accompagnant, non de feuerite.

Non de rigueur : mais de grâce amiable,

Qui doucement me rende ta beauté.

Jadis cruelle, à prefent fauorable.

le vis, ie meurs : ie me brûle S* me noyé. l'ay chaut ejireme en endurant froidure : La vie m'eji & trop molle & trop dure, l'ay grans ennuis entremejle^ de ioye :

Tout à un coup ie ris & ie larmoyé.

Et en plaifir maint grief tourment i' endure : Mon bien s'en va, 6- à iamais il dure : Tout en un coup ie feiche & ie verdoyé.

Ainfi Amour inconjiamment me meine :

Et quand ie penfe auoir plus de douleur, Sans y penfer ie me treuue hors de peine.

Puis quand ie croy ma ioye efire certeine. Et ejlre au haut de mon defré heur.

Il me remet en mon premier malheur.

98 SONNÏTS.

Tout aujjî tôt que ie commence à prendre Dens le mol lit le repos dejire, Mon trifte ejprit hors de moy retiré S^en va vers toy incontinent Je rendre.

Lors m'ejî auis que dedens mon fein tendre le tiens le bien, ou i'ay tant afpiré, Et pour lequel i'ay Ji haut fou/pire, Que de fanglots ay fouuent cuidé fendre.

O dous fommeil, o nuit à moy heureufel Plaijant repos, plein de tranquilitè, Continue^ toutes les nui^ mon fonge :

Et Ji iamais ma poure ame amoureufe Ne doit auoir de bien en vérité, Faites au moins qu'elle en ait en menfonge.

Qiiand i'aperçoy ton blond chef couronné

D'un laurier verd, faire un Lut Ji bien pleindre. Que tu pourrais à te fuiure contreindre Arbres & rocs : quand ie te vois orné,

Et de vertus dix mile enuironné.

Au chef d'honneur plus haut que nul ateindre : Et des plus hauts les louenges ejleindre : Lors dit mon caur enfoypajjionné:

Tant de vertus qui te font ejire aymê, Qjji de chacun refont ejire ejîimé.

Ne te pourraient aujp bien faire aymer?

Et aioutant à ta vertu louable

Ce nom encorde m'ejlre pitoyable.

De mon amour doucement t'enfiamer?

O dous regars, o yeus pleins de beauté, Petis iardins, pleins de fleurs amoureufes Ou font d'Amour les flefches dangereufes, Tant â vous voir mon ail s'eji arreflé !

O caur félon, ô rude cruauté.

Tant tu me tiens de façons rigoureufes, Tant i'ay coulé de larmes langoureufes.

Sentant l'ardeur de mon cœur tourmenté !

Donques, mes yeus, tant de plaijîr auej. Tant de bons tours par f es yeus receue\ : Mais toy, mon caur, plus les vois s'y complaire,

Plus tu languij, plus en as de fouci.

Or deuinejji ie fuis aife aujji.

Sentant mon ail eftre à mon caur contraire.

Lut, compagnon de ma calamité, De mesfoupirs témoin irréprochable, De mes ennuis controlleur véritable.

Tu as fouuent auec moy lamenté :

Et tant le pleur piteus t'a molejié,

QjJC commençant quelque f on deleâable.

Tu le rendais tout foudein lamentable, Feignant le ton que plein auoit chanté.

Et fi te y eus efforcer au contraire.

Tu te defiens &fi me contreins taire : Mais ms voyant tendrement foupirer,

Donnant faueur à ma tant trijle pleinte r En mes ennuis me plaire fuis contreinte, Et d'un dous mal douce fin efperer.

Oh fi i'efiois en ce beau fein rauie De celui là pour lequel vois mourant; Si auec lui viure le demeurant De mes cours iours ne m' empefchoit enuie:

Si m'acollant me difoit, chère Amie, Contentons nous l'un l'autre, s'affeurant Que ia tempefie, Euripe, ne Courant Ne nous pourra defioindre en notre vie :

Si de mes bras le tenant acollé,

Comme du Lierre efi l'arbre encercelè, La mort venoit, de mon aife enuieufe :

Lors que fouef plus il me baiferoit.

Et mon ejpritjur fes leures fuirait, Bien ie mourrais, plus que viuante, heureufe.

Tant que mes yeus pourront larmes efpandre, A l'heur pafsé auec toy regretter :

Et qu'aus fanglots & foupirs rejîjhr Pourra ma voix, & un peu faire entendre:

Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignart Lut, pour tes grâces chanter : Tant que l'efprit fe voudra contenter De ne vouloir rien fors que toy comprendre

le ne fouhaitte encore point mourir.

Mais quand mes yeus ie fentiray tarir.

Ma voix cajjee, & ma main impuijfante,

Et mon efprit en ce mortel feiour

Ne pouuant plus montrer fgne d'amante:

Priray la Mort noircir mon plus cler iour.

Pour le retour du Soleil honorer.

Le Zephir, l'air ferein lui apareille : Et dufommeil l'eau & la terre efueille, Qpi les gardoit l'une de murmurer

En dous coulant. Vautre de fe parer De mainte fleur de couleur nompareille.

la les oifeaus es arbres font merueille, Et aus paffans font l'ennui modérer:

Les Nynfes ia en mile ieus s'esbatent

Au der de Lune, & dan/ans l'herbe abatent y eus tu Zephir de ton heur me donner.

Et que par toy toute me renouuelle?

Fay mon Soleil deuers moy retourner, Et tu verras s'il ne me rend plus belle.

Apres qu'un tems la grejle & le tonnerre Ont le haut mont de Caucafe batu.

Le beau iour vient, de lueur reuétu.

Quand Phebus ha/on cerne fait en terre,

Et l'Océan il regaigne à grand erre :

Safeurje montre auec fon chef pointu.

Quand quelque tems le Parthe ha combatu, Il prent la fuite & fon arc il dejferre.

Vn tems t'ay vu & confolé pleintif.

Et défiant de mon feu peu hatif:

Mais maintenant que tu m'as embrafee.

Et fuis au point auquel tu me voulois. Tu as taflame en quelque eau arrofee.

Et es plus froit qu'ejire ie ne foulois

le fuis la vile, & temples, &• tous lieus, Ef quels prenant plaifir à t'ouir pleindre. Tu peus, & non fans force, me contreindre De te donner ce qu'efiimois le mieus.

lOJ

Majques, tournois, ieus me font ennuieus, Et rien fans toy de beau ne me puis peindre: Tant que tachant à ce dejir ejieindre, Et un nouuel oh g et faire à mes y eus.

Et des penfers amoureus me dijîraire.

Des bois efpais fui le plus folitaire : Mais i'aperçoy, ayant erre mai?it tour,

Que fi ie veus de toy efire deliure,

Il me conuient hors de moymefme viure, Ou fais encor que loin fois enfeiour.

Baife m' encor, rebaife moy & baife :

Donne m'en un de tes plus fauoureus, Donne m'en un de tes plus amoureus :

le t'en rendray quatre plus chaus que braife.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal i'apaife. En t'en donnant dix autres doucereus.

Ainjj meflans nos baifers tant heureus louijfons nous l'un de l'autre à notre aife.

Lors double vie à chacun en fuiura.

Chacun enfoy &fon ami viura.

Permets m' Amour penfer quelque folie :

Toujjoursfuis mal, yiuant difcrettement , Et ne me puis donner contentement, Si hors de moy ne fay quelque faillie.

Diane ejlant en l'efpejfeur d'un bois, Apres auoir mainte bejle ajfenee, Prenait le frais, de Nynfes couronnée:

V allais refuanî comme fay maintefois,

Sans y pen/er : quand i'ouy une vois, Qui m'apela, difant, Nynfe ejiannee.

Que ne t'es tu vers Diane tournée?

Et me voyant fans arc & fans carquois.

Qu'as tu trauué, o compagne, en ta voye. Qui de ton arc &flefches ait fait proye ? le m' animay ,' refpons ie, à un pajfant.

Et lui getay en vain toutes mes jlefches Et l'arc après : mais lui les ramajjant Et les tirant me fit cent & cent brefches.

Prédit me fut, que deuois fermement Vn iour aymer celui dont la figure Me fut defcrite : & fans autre peinture Le reconnu quand vy premièrement :

Puis le voyant aymer fatalement.

Pitié ie pris de fa trijle auenture :

Et tellement ie forcay ma nature.

Qu'autant que lui aymay ardentement.

Qui n'ujî pensé qu en faneur deuoit croître Ce que h Ciel & dejîins firent naitre ? Mais quand ie voy fi nubileus aprets,

Vents fi cruels & tant horrible orage:

le croy qu'efioient les infernaus arrêts. Qui défi loin m'ourdijjoient ce naufrage.

Quelle grandeur rend l'homme vénérable?

Quelle grojfeur? quel poil? quelle couleur?

Qui efi des yeus le plus emmieleur?

Qui fait plus tôt une playe incurable?

Quel chant efi plus à l'homme conuenable?

Qui plus pénètre en chantant fa douleur?

Qui un dous lut fait encore meilleur?

Quel naturel efi le plus amiable?

le ne voudrois le dire ajfurément,

Ayant Amour forcé mon iugement :

Mais ie fay bien & de tant ie m'ajfure. Que tout le beau que l'on pourroit choifir.

Et que tout Vart qui ayde la Nature,

Ne me faur oient acroitre mon defir.

Luifant Soleil, que tu es bien heureus, De voir toufiours de t' Amie la face : Et toy,fafeur, qu'Endimion embraje, Tant te repais de miel amoureus.

io6

Mars voit Venus : Mercure auentureus De Ciel en Ciel, de lieu en lieu Je glajfe : Et lupiter remarque en mainte place Ses premiers ans plus gays S" chaleureus.

Voilà du Ciel la puijfante harmonie, Qui les efprits diuins enfemble lie :

Mais s'ils auoient ce qu'ils ayment lointein.

Leur harmonie S* ordre irreuocable Se tournerait en erreur variable.

Et comme moy trauailleroient en vain.

Las I que me fert, que Ji parfaitement Louas iadis & ma trejfe dorée.

Et de mes yeus la beauté comparée A deux Soleils, dont Amour finement

Tira les frets caufe^ de ton tourment?

Ou ejles vous, pleurs de peu de durée? Et Mort par qui deuoit ejire honorée Ta ferme amour & itéré ferment?

Donques c'ejioit le but de ta malice De m' ajjeruir fous ombre de feruice?

Pardonne moy, Ami, à cette fois,

EJîant outrée & de defpit &■ d'ire :

Mais ie m'ajjure, quelque part que tu fois. Qu'autant que moy tu f ouf r es de fnartire.

Ne reprene\. Dames, fi i'ay aymé :

Si i'ay Jenti mile torches ariantes.

Mile trauaus, mile douleurs mordantes :

Si en pleurant, i'ay mon tems conj'umé.

Las que mon nom n'en fait par vous blâmé. Si i'ay failli, les peines font prejentes, N'aigrijfe-^ point leurs pointes violentes : Mais ejiime\ qu'Amour, à point nommé.

Sans votre ardeur d'un Vulcan excufer.

Sans la beauté d'Adonis acufer.

Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureufes

En ayant moins que moy d'ocafion, Et plus d'ejîrange & forte pajjion.

Et gardej vous d'efire plus malheureufes.

FIN DES EVVRES DE LOVÏZE LABe' LIONNOIZE.

■-^Si»-^

AVX POETES

DE LOVIZE LABE'

Vous qui le los de Louqe efcriue^.

Et qui aue^, par gaye fantafie Cette beauté, votre fuget, choijîe, Voyej quel bien pour vous, vous pourfuiue^.

Elle des dons des Mujes cultiuej,

S' efi pour Joymefme & pour autrui faijîe : Tant qu'en louant fa dine Poëjie, Mieus que par vous par elle vous viuej.

Laure ut befoin de faueur empruntée.

Pour de renom f es grâces animer :

Louise autant en beauté réputée.

Trop plus fe fait par fa plume efiimer. Et de foymefme elle fe faifant croire, A fes loueurs eji caufe de leur gloire.

ESCRIZ DE

diucrs Poètes, à la louenge de

LOVÏZE LABE' LION- NOIZE.

Eîç <j)Jàç Aoïdïiç AaPâtaî.

Tàç SaiTCpoû? «S'a; -fXuxucpûvcj xç àiroXsaaev

h' •jTajji(pâ'You y^po'vcu j3în, MsiXi/Jw nacpîïi; xal èfWTOJv vûv -^à Aaêâiri

Ko'XiTW Tpatpeïa' àvTi'ya-j'E.

Eî S'a Tt; w; xatviv ôauaâ^ci, xa( tto'Oev îgt'.,

«tridlv, v£Yi TTCiYiTfta; rvoîri w; "]fop"]fov, xaî dcJcaj^.TTTcv, S'uarj-^s'&uajt

' E"x£i <t>«wv' èpwjAEvov :

Tcû 7rXrr/Ô£Î(Ta (f-'J^îi, Xt-fusôv jas'Xo; t,s^£ raXaiva.

S^oS'pà 8ï Tipb? TaÛTOt; TToiriaei; ctarp' imitai HaiS'wv Èpâv {)7r£py,oâvwv.

^i-J^' De Aloyfae Labae ofculis,

IAM non canoras Pœgajidas tuis Ajfuefce vous ; nil ribi Cynthius Fontifue Dircai recejjus Profuerint, vel inanis Euan.

Sed tu Labœit hafia candidœ

Imbutj pofcjs nedare, quœ rofas Spirant amaracojque molles:

Ex violas, Arabumque fuccos.

Non illa fummis difpereunt labrls, Sed quà reclujîs obicibus patet Inerme peâus, fuaueolenùs Oris aculeolo calefcit.

lllo medullœ pronnus œjiuant.

Et dijfolutis fpiritus omnibus Nodis in are fuauiantis Lenius emoritur Labcxœ.

Hoc plenus ajlro (dicerefeu lubet Seâis puellas vnguibus acriter Deprœliantes, aut inujiam Dente notam labiis querenteis :

Caliue motus & redeuntia

Anni vicUJïm tempora : necfuo Fulgore lucentem Dianam, Sideribufue polos micanteis.

Dignum Lahœœ bafiolis melos

Quoi voce mijiis cum Jidibus cancit) Dices coTonatus quod aureis Cecropias Latiafque pungat.

En grâce du Dialogue d'Amour, & de Folie,

Euure de D. Louïze Labé

Lionnoize.

Amour efl donq pure inclinacion

Du Ciel en nous, mais non necejptante :

Ou bieA vertu, qui nos caurs impuijfante

A rejîfler contre Jon accion ? C'eji donq de lame une alteracion

De vain dejîr légèrement naijfante

A tout obiet de l'efpoir perijfante.

Comme muable à toute pajjîon ?

la ne fait crû, que la douce folie

D'un libre Amant d'ardeur libre amollie

Perde fon miel enji amer Abfynte, Puis que Ion voit un efprit Ji gentil

Se recouurer de ce Chaos /util,

Ou de Raifon la Loy fe laberynte,

NON SI NON lA.

En contemplacion de D. Louïze Labé.

Qud Dieu grava cette magejlé douce En ce gay port d'une pronte allegrejje? De quel Uj eji, mais de quelle DeeJJe Cette beauté, qui les autres dejiroujfe ?

Qjielle Syrene hors du Jein ce chant pouffe. Qui deceuroit le caut Prince de Grèce?

Quels font ces y eus, mais bien quel Trofee ejî ce. Qui tient d'Amour l'arc, les trets & la trouJfeF

Ici le Ciel libéral méfait voir

En leur parfait, grâce, honneur, &fauoir, Et de vertu le rare témoignage : *

Ici le traytre Amour me veut furprendre :

Ah! de quel feu brûle un caur ia en cendre? Comme en deus pars fe peut il mettre en gage?

A D. Louïze Labé, fur fon portrait.

ladis un Grec fus une froide image, Qjie confiera Praxitèle à Cyprine, Rafrechiffant fon ardente poitrine Rendit du maître admirable l'ouurage.

Las ! peu s'en faut qu'à ce petit ombrage, Reconnoijfant ta bouche coràlVme, Et tous les trais de ta beauté diuine, le n'aye autant porté de témoignage.

Qu'uji fait ce Grecji cette image nue Entre f es bras fuj} Venus deuenue?

Que fuis ie lors quand Louise me touche.

Et l'accollant d'un long baifer me baife ? L'ame me part, & mourant en cet aife, le la reprens iafuiant en fa bouche.

le laijfe apart Medufe, &• fa beauté, Qjii tranfmuoit en pierre froide & dure, Ceus qui prenoient à la voir trop de cure. Pour admirer plus grande nouueauté:

Et reciter la douce cruauté

De BELLE A soY, qui fait bien plus grand' chofe. Lors qu'en fon tout grâce naiue enclofe Veut ejlargirfa douce priuauté.

Car d'un corps fait au comble de fon mieus, Du vif mourant contournement des yeus, A demi clos tournant le blanc en vue :

Puis d'unfoupir mignar dément ijjlint, Auant lapas d'un f ouvris blandijjant, Les regardans en foymefme tranfmue.

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