II
P. i;, 1. 5. — Claude de Rubys, historien et iiorame politique lyonnais, dont il sera question plus loin.
P. 14, I. ig. — Voici le titre de ce rare volume: L'Art poétique, de Jacq'ies Peletier du Ma;is départi en deux livres. A Lyon, par lean de Tournes et Guil. Cadeau, i^î?.
Ce titre est incomplet, en ce qu'il n'annonce pas qu'à la suite de l'Art poétique il y a une série de pièces en vers qui composent le second livre. C'est aux pages 108 et log de cette seconde partie que se trouve VOde à Louise Lahé Lionnotse,
P. 14, 1. 2R. — La Chanson nouvelle de la Belle Cordière, dont l'auteur nous est inconnu, et VOde à Sire Aymon, par Olivier de Magny.
P. 15,1. 16. — Guillaume Paradin, doyen du chapitre de Beaujeu, historien lyonnais, né vers 1510, mort le 19 janvier i5go, d'après le Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire.
P. 17, 1. 10. — A la date du g novembre 1 588, c'est-à-dire vingtdeux ans après la mort de Louise Labé et trente-trois après l'époque où elle « florissait, » le Consulat délivre à noble homme M' Antoine du Verdier, seigneur de Vauprivas,un certificat portant qu'il est habitant de Lyon depuis plus de dix ans, « attendu que, pour son habitation ordinaire, il y a acquis une maison, et, quoique pour ses affaires particulières il fasse séjour hors la ville, il ne laisse par d'aller ou envoyer au guet et garde, et de contribuer aux affaires de l.i ville comme vray habitant. «
P. 18, 1. aa. — Le premier article de Sainte-Beuve a paru dans la Revue des Deux-Mondes du 1$ mars 1854 et, dans les œuvres complètes du grand critique, on l'a imprimé au milieu des Fortraits contemporains. Le second article a été publié par le Constitutionnel du 25 février 1863, et il a été reproduit dans la Bibliographie des livres relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, etc., Turin, 1872, t. IV, art. L. Labé. Seulement — et je signale cette singulière citation aux auteurs qui signent le comte d'I... — l'article est donné comme tiré du Journal des Débats et dû à la plumo de Jules Janin.
P. i8, 1. 24. — Jacques Pernetti, chevalier de l'Église de Saint- Jean, né à Cha/Alles-en-Forez vers 1696, mort à Lyon le 16 février 1777, d'après Breghot du Lut et Péricaud. C'était un de ces laborieux corapilatturs d'autrefois qui ont commis quelqnts inexactitudes parce qu'ils ont beaucoup travaillé, mais dont quelques modernes redresseurs de torts sont les premiers à consulter les travaux. Les Lyonnais dignes de mémoire parurent en 1757.
Quelques années avant, C.-J. de Ruoltz avait lu à l'Académie de Lyon (août 1746) un Discours sur la personne et les ouvrages de Louise Labe Lyonnaise, imprime à Lyon, chez Dclaroche, en
P. 19, I. I. — Entre autres ouvrages, M. Monfalcon a écrit, avec toutes les apparences extérieures d'une vaste érudition, une Histoire monumentale (sic) de la ville de Lyon, 8 vol. gr. in-4°. Cette lourde, sèche et souvent inexacte compilation est magnifiquement imprimée.
P. 19, I. •). — Voir, par exemple, dans les Œuvres romantiques de M. le vicomte de Chateaubriand avec une notice sur sa vie politique et littéraire et des nouvelles historiques servant d'annotations à ses ouvrages, par M. D*** de S. E***. Paris, chez les marchands de nouveautés, pet. in-8°, tome V', pp. 39 a 84.
P. 19, I. 24. — Paris, 1860, pp. i6j7 et suivantes.
P. 20, I. I. — Déjà en 183 1, dans ses Nouveaux Mélanges, Breghot du Lut avait indiqué dans Olivier de Magny un des plus grands admirateurs de Louise Labé. C'est lui aussi qui a découvert VOde à Sire Aymon et quantité de détails très menus, mais très intéressants, utilisés sans indication de source dans les notices publiées depuis. Il est à propos de se servir des recherches de Cochard, de Péricaud et de Brtghot du Lut, mais il n'est pas moins à propos de les remercier de la ptine qu'ils ont évitée à leurs successeurs.
P. 20, I, 28. — Il C'est à peu près tout ce dont la félicitent les poètes qui l'ont d'abord célébrée, » dit M. Blanchemain. Mais à
quel moment fut composée chacune des vingt-six poésies à la louange de Louise Labé qui nous sont parvenues? Il est impossible de répondre à cette question, parce que toutes ces poésies, dont aucune ne porte de date, ont été imprimées en 1 55 5 du vivant de leurs auteurs. Et cependant, à moins d'y avoir répondu, comment distinguer les vers « qui l'ont d'ahord célébrée, >» et, par conséquent, reconnaître si les éloges donnés à son talent de musicienne sont antérieurs à 1550, et si les louanges prodiguées à son talent de poète sont de trois ou quatre ans plus voisines de nous?
P. 21, 1. II. — Les recherches les plus minutieuses pour trouver la moindre trace de ce passage de Jean d'Avanson à Lyon ou dans le voisinage sont demeurées sans résultat.
P. 21, I. 14. — La première publication d'Olivier de Magny est, si je ne me trompe, un hymne sur la naissance de la fille d'Henri II en 1555. Je ne vois pas ce qu'avait fait Olivier vers 1550, pour pouvoir, à cette époque, éclipser les Scéve et les Taillemont, « ces grands poètes, » comme on disait alors.
P. 22,1. 13. — L'intervention de Claude de Rubys en cette histoire est fondée uniquement sur les deux strophes suivantes de VOde à Sire Aymon:
O combien je t'estime heureux Qui vois les trésors plantureux De ton espouze ma maistresse !
Qui la vois si souvent haler Et qui Vois si souvent parler!
Et qui vois si souvent encor Entre ces perles et cet or.
Un rubys qui luyt en sa bouche, Pour adoucir le plus farouche.
Mais un rubys qui sçait trop bien La rendre à soy sans estre sien !
Ce n'est des rubys qu'un marchant Avare aux Indes va cerchant.
Mais un rubys qu'elle décore Plus que le rubys ne l'honnore.
Fuyant ingrat à sa beauté Les apastz de sa privaultè.
Évidemment ce mot de rulys n'est pas répété avec tant d'insistance sans une raison qui nous échappe peut-être. Cependant je suis prêt à confesser ma naïveté grande devant toute personne qui m'expliquera comment ces deux vers :
Un rulys qui luyt en sa bouche Pour adoucir le plus farouche
peuvent renfermer une allusion au futur historien de Lyon.
Quant à l'épithéte de brillant qui lui est donnée, je ne vois rien qui la justifie. A cette époque, c'est-à-dire antérieurement à 155g, Claude de Rubys n'avait encore rien publie. Il me semble que sa première publication est un petit pamphlet cité par Du Verdier avec la date de 1566.
Il est encore permis de se demander si vraiment, à l'époque où M. Blancheraain place la « liaison » de Louise Labé avec Claude de Rubys, c'est-à-dire peu après 1^55 — supposons 1557 — le futur pèlerin de Notre-Dame-de-Lorette était d'âge à être un rival pour Olivier de Magny.
Plusieurs écrivains lyonnais disent que Rubys est né en 155;, et pour donner cette date ils se fondent sur une phrase de son Histoire de Lyon parue au commencement de 1604, phrase dans laquelle il se dit«ja tantost » septuagénaire. Mais puisqu'il dit « ja tantost, » c'est qu'il ne l'est pas encore, et comme il cherche, dans cette circonstance, à se rendre intéressant, il faut supposer que le u ja tantost » signifie dans quelques années. Un homme qui/aù argument de sa vieillesse peut bien, à soixantecinq ans, se dire « ja tantost septuagénaire. »
D'aiikurs, Pericaud, qui a le tort de ne pas citer ses sources,
mais qui doit être cru sur parole jusqu'à preuve du ccntraire, nous dit qu'en 1566, date, selon lui, de la mort de Louise Labé, Il avait environ vingt-sept ans. 11 serait donc né, non pas en 1555, mais en 1539, et il aurait non pas vingt-quatre ans, mais dix-huit en I5S7; à mon humble avis, la Belle Cordiére n'était alors ni assez jeune ni assez mûre pour s'éprendre — si elle voulait s'éprendre — d'un « petit gaxsonneau, » suivant une de ses expressions.
Enfin, Claude de Rubys lui-même, à propos de la mort de Clémence de Bourges arrivée peu après le }o septembre 1562, nous dit qu'il était à cette époque un « jeune escolicr, » et il donne à entendre assez clairement qu'il était du même âge que M"« de Bourges. M?lheureusement nous ignorons la date de la naissance de cette charmante jeune fille. (Voir la note sur la famille de Bourges, ci-aprcs.)
De tous Ls témoignages recueillis, il résulte cependant que Clémence de Bourges mourut très jeune, vers i 565, et que Rubys était à peu près de son âge; il est donc probable que la date indiquée par Péricaud se rapproche de la vérité et que le jeune escolier de 1565 n'était pas encore, en 1557, de taille à tenir le rôle qu'on lui attribue.
P. 33, I. 12. — Louise Labé a écrit dans son XXlir sonnet:
La:,' que me sert que si parfjitement Louas jadis et ma tresse dorée Et de met yeux la beauté comparée A deux solt;ils...
M. Blanchemain rapproche ces vers des vers suivants d'Olivier de Magny :
Elle est à vous, belle maîtresse.
Celte belle et dorée tresse.
Oui feroit honte aux mêmes ors Et ces yeux deux astres ensemble...
Ne pourrait-on pas tout aussi bieo rapprocher la strophe de Louise Labé de ces vers de Mellia de Saint-Gelais :
Ceux là diront que les rays de vos yeux
Font devenir le soleil envieux
Et que ce sont deux astres reluisants.
' De vol cheveux, c'est moins que de raison Défaire d'eux à l'or comparaison...
Rien de plus banal que ces deux images. Tous les poètes du xvr siècle, et même fort avant dans iexvil*, les ont prodiguées, témoins encore ces vers que l'on a tant reproches à Laugier de Porchères, sur les yeux de Gabrielle d'Estrées:
Ce ne sont pas des yeux...
Mais deux soleils clairement radieux.
Dont les rayons hrillans nous offusquent la veue.
Et ceux-ci, du même, sur les cheveux de la même beauté:
Beau poil, n'êtes-vous pas la rivière pactole Qui flotte précieuse en riches ondes d'or?
P. 34, 1. 7. — Ce renseignement, à propos de la date du départ de Jean d'Avanson, m'est obligeamment fourni par M. Joseph Roman, si fort au courant des hommes et des choses du Dauphiné. Mon ami J. Favre, dans son travail si complet sur Olivier de Magny, arrive par une autre voie à une conclusion presque analogue. Il écrit: « L'année même C'Î5}) °" ■' accepta la dédie< cace de la traduction de Salel, d'Avanson, sur la demande de « Diane de Poitiers peut-être, fut envoyé à Rome en mission « secrète auprès du pape Jules III. Ce fut probablement vers la «fin de cette année. En effet, il emmenait avec lui en qualité de M secrétaire Olivier de Magny. Or le poète n'était entré défini- « tivement dans la maison de d'Avanson qu'après avoir fait Im-
«primer la traduction de l'Iliade dont le Privilège est du 25 «juillet 15^). » (Voir Olivier de Magny, par Jules Favre. — Paris, Garnier, 1885.)
P. 26, I. 7. — Dans les actes relatifs au père, aux frères et aux neveux de Louise Labé, ou trouve Charlieu, de Charlieu, Charlin ou Charliu, Charly, Charlie, Cheylieu et Chnrieu. La forme généralement usitée par les biographes modernes est Charly. J'ai cru devoir adopter celle de Charlieu, la plus ancienne et la plus fréquente. Le nom de Labé est écrit également de diverses manières : Lahbe, Laie, L'Abhe et même Laie. Toutefois on ne saurait hésiter sur l'orthographe de ce nom, Louise ayant signé son livre et sa lettre à Clémence de Bourges Labé.
Voir a V Appendice les renseignements complémentaires svr la famille de Louise Labié.
P. 26, I. 15. — «Un acte de 1524, dit Cochard, m'apprend que Charlieu était veuf d'Antoinette Deschamps alias Compagnon; qu'il en avait trois fils, Barthélémy, François et Mathieu; ainsi Louise n'est née que postérieurement et d'un second mariage. >i (OEuvres de Louise Labé. Éd. de 1824, note de la page XXVIII.)
Le savant et consciencieux Lyonnais doit être cru sur parole, quand il nous dit avoir vu cet acte, que je n'ai pas retrouvé; mais je m'explique difficilement, do la part d'un chercheur aussi pi-udent, la dernière partie de sa note. Puisqu'il connaissait seulement le mariage de Charlieu avec Étiennette et puisqu'il en supposait un autre, cet autre pouvait être antérieur, aussi bien que postérieur. Ensuite, de ce qu'un acte mentionne les trois fils d'une femme, il ne s'ensuit pas absolument que cette femme n'ait pas eu de fille, surtout à une époque où les filles tenaient si peu de place, du moins dans les actes.
P. 26, 1. 16. — D'une part, dans l'acte de 1324, cité par Cochard, la femme dont Pierre Labé était veuf à cette époque et que ce biographe croit être la première s'appelle Etiennette Deschamps alias Compagnon. Cette Étiennette est évidemment la « femme en deuxièmes noces, » qui est appelée Etiennette Roybet
dans l'accord de 1558, puisque la première, c'est-à-dire la veuve de Jacques Humbert inconnue à Cochard, était prénommte GuilUrmie ou Guillermette en latin Guillerma. D'autre part, en 1515, nous trouvons Labé propriétaire d'une vigne « qui fut de Benoit Compagnon » et qui est confinée par deux parcelles de terre relevant de deux directes différentes, parcelles dites l'une de Benoît Deschamps, l'autre de Benoît Compagnon. Benoit Dcschamps et Benoit Compagnon forment évidemment une seule personne dénommée différemment dans chacun des deux registres de Directes.
En rapprochant ces indications, on a le droit de penser que la vigne de Labé lui venait de sa seconde femme, Etiennette Roybet, alias Deschamps, alias Compagnon, et par conséquent que son mariage avec elle existait déjà en 151 5; mais, comme dans les dénombrements antérieurs à 151 5, la terre de la Gela ne figure pas parmi ses propriétés, il faut croire qu'il ne la possédait que depuis peu.
P. }8, 1. i8. — Bien qu'à cette époque le téneraent de Bellecour fût encore une propriété privée, il se prétait tout particulièrement à ces exercices. Dans le Dialogue de deux escoliers, imprimé en 1 5O5 à la suite de la Pratique de l'orthographe françoise, avec la manière de tenir liyre de raison, etc., par Claude Mermet, on lit : «Je m'en voy jusques en la place de Belle-Cour, pour y voir piquer des chevaux par un écuyer italien nouvellement venu en ceste ville, lequel s'en acquitte fort dextrement. » (P. log.)
P. 39, I. ig. — Mellin de Saint-Gelais, fit des vers « Pour des chevaliers que des masques vestus en amazones menoyent sur les rangs au tournoy de la royne Catherine, en 1548. »
Mon ami, M. de Berluc-Pérussis, veut bien me faire remarquer qu'un siècle plus tard eut lieu à Die un tournoi en tous points semblable à celui que je crois avoir été tenu à Lyon en 1542 :
« En juin 1681, m'écrit-il, la noblesse protestante de Die simula le siège de la maison de Chamarges, appartenant à M. Ducros, petit-fils d'un conseilffer au Parlement.
« On feignit une lettre de cachet, que M. de Sallières, com-
raissaire d'artillerie au fort Barreaux, vêtu en courrier, porta à M'"" d'Arbalestrier-Montclar, général, lui donnant l'ordre d'assembler ses troupes pour le siège.
« Les troupes s'assemblèrent. M™' le général était assistée de M'"" de Gilliers, capitaine, et de Chalvet, intendant; M" • de Chabrieres et de Saint-Auban, capitaines de dragons ; M""» de Lantarct et de Clelles, M"'" de Chalvet et de Rochefort, avec leurs compagnies; M""' de Lantaret et d'Ambel, commandant un détachement de piquiers; M"" de Gilliers, capitaine de grenadiers. Le tout soutenu par des officiers du régiment de Grillon, qui tenait garnison à Die.
M Le gouverneur de Die permit de tirer quelques pièces de campagne de la citadelle; on composa des feux pour simuler les bombes, grenades et pétards.
« Le siège eut lieu dans toutes les formes. Chamarges capitula. Les violons, les haut-bois et un dîner clôturèrent la fête.
(Voir Mercure galant (sept. 1681); Bulletin de l'Académie delphinale, 187g, article de M. le conseiller Accarias sur les Chalvet ; Journal de Die, janvier 1879, article de M. Rochas.)
P. 41, 1. 25. — Ces deux noms ont été prononcés très sérieusement plusieurs fois et notamment dans la discussion que souleva, en 1828, l'exposition du buste de Louise Labé, commandé par la ville de Lyon à Foyatier.
P. 44, 1. 2. — De ce que dans son jardin de la rue Confort, au milieu de petits quaitiers de buis et de marjolaine dans le goût du temps, Louise avait fait dessiner le chiffre du Roi, c'est-à-dire les Lys de France et le Croissant de Diane de Poitiers, on a imaginé de voir dans cet « homme de guerre » le Dauphin Henri qui commanda l'armée sous les murs de Perpignan. L'argument est d'autant plus singulier qu'autour du chiffre étaient « plantés » six vers dans lesquels on souhaitait que le Croissant devînt « un plein rond. » Louise Labé aurait été vraiment de bien bizarre composition si, pour marquer le souvenir de ses amours, elL -vait LU l'idée de prendre l'emblème de elles du Roi av^c
Diane de Poitiers, et surtout de souhaiter que le Croissant devint un plein rond.
P. 45, I. 2. — A la demande de M. Henricb, le bienveillant doyen de la Faculté des Lettres de Lyon, M. Vignon a fait cette traduction de l'ode grecque. En l'écrivant, M. Vignon a dû se rappeler l'incident dont il fut le héros à l'École normale, incident que M. Sarcey a rappelé (Revue politique et littéraire-, 1382) dans Comment je devins journaliste. M. Vignon avait rompu une lance en faveur de la vertu de la belle Lyonnaise, sa compatriote, et Cérusez avait dit gravement: « Il faut une grande hardiesse pour répondre de ces cboscs-li. » Huit jours après, M. Ordinaire, qui tournait très joliment le vers et qui excellait aux pastiches, apporta deux madrigaux, qu'il avoua avoir trouvés à la Bibliothèque nationale dans un manuscrit des poésies inédites de Louise Labé; et il résultait de ces madrigaux que la dame avait « dénoué sa ceinture. » Vignon protesta contre cette ceinture dénouée mal à propos et déclara que les vers ne pouvaient pas être de Louise. Gérusez répondit doucement: « Je le crois comme vous, et je le regrette. Mais si elle n'est pas l'auteur de Ces deux pièces, il me semble qu'il ne vaut plus la peine de parler d'elle. » Soulary me disait un jour la même chose, et, comme Vignon, je n'ai pas voulu le croire.
P. 49, 1. 5. — Un des témoins qui, en 1^52, déposèrent dans le procès de Genève, nous dit que le demandeur, Jean Yvard, avait renvoyé sa femme depuis six ans, par conséquent depuis 1546; un autre nous dit qu'il a connu les époux Yvard alors qu'ils vivaient encore ensemble — par conséquent antérieurement à 1546 — et qu'en ce temps-là la femme d'Yvard « hantoit bien privément avec une nommée la Belle Cordière. » Du Verdier nous apprenant qu'on avait donné ce surnom à Louise Labé « parce qu'sUe étoit mariée à un bonhomme de cordicr, » il faudrait alors conclure qu'elle était mariée avant 1)46, puisqu'elle portait déjà ce surnom à cette date. On ne peut cependant rien affirmer en se fondant sur ce raisonnement, parce que le témoin de Genève a pu désigner la Belle Cordière par le sur-
nom qu'elle portait au moment où il parlait, et ensuite parce que Louise Labe, étant la fille d'un cordier, a pu être surnommée Belle Cordiére avant son mariage avec un cordier.
P. îî, I. 25. — Il existe à la Bibliothèque nationale un exemplaire du portrait de Louise Labé gravé en 1555 par Woëiriot. Ce portrait cité par le P. Le Long était inconnu à Lyon, où on a représenté la Belle Cordiére de diverses façons trcs fantaisistes- C'est M. Broucboud qui a révélé son existence en 187 1 ; et, depuis cette date, quelques figures ont été peintes d'après la reproduction de l'original qu'il a fait graver par Duboucbet.
Un sculpteur lyonnais, M. Devenet, a exposé au Salon de l'année 1886 un buste d'après la gravure de Woéiriot : la ville de Lyon devrait bien le placer dans son musée à la place de la fantaisie exécutée par Foyatier en 1828.
P. 58, 1. 6. — L'existence de cette édition de 1552 a été contestée. Cependant un exemplaire des Rymes de gtntile et vertueuse dame D. Pernette du Guillet Lyonnaise, de nouveau augmentées (Lyon, par Jean de Tournes, iî5a, in-8 de 84 pages), figure dans le Catalogue de la bibliothèque du marquis de Ganay. Ce bel exemplaire, le seul connu jusqu'à présent, provient, dit Porquet, de la vente R. Hébert.
P. 59, I. 2). — Voir à V Appendice la note sur la famille de Bourges.
P. 60, 1. 15. — Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l'histoire de la République des lettres depuis Homère jusqu'à nos your/, Paris, chez Durand, 1761, vol. I, p. 157.
P. 69, I. 24. — On lit dans les comptes de François CouUaud: « Recepte faicte par le présent recepveur à cause des aultres deniers levez extraordinairement à cause des troubles et saisye d'icelle ville par ceulx de la nouvelle religion... Ledit quatriesme juillet mil V LXII (reçu) de Louise Labé XXV l. t, pour la moitié de sa cotisation. » Le second paiement a lieu le } novembre. Ainsi ce n'est plus Ennemond Perrin, mais Louise Labé
qui figure sur Its registres des taxes du quartier Confort en 156a; d'où il resuite qu'à cette date Louise était en possession de la fortune que lui avait léguée son mari.
P. 70, I. 16. — Et cependant outre «la jarretière d'un taffetas bleu renforcé et bien ample » qu'il nous raconte avoir obtenu desa fiancée la permission de « deslier et prendre, » Gaspard de Saillans avait encore obtenu de sa dame un bouquet, « lequel bouquet, dit-il, serviroit et profiteroit plus beaucoup que faire ne pourroient les préservatifs et defensoires qui lui seroient baillés par les meilleurs médecins de ce monde à l'encontre des formidables et épouvantables dangers où nous sommes. » (Voir la note sur la famille de Bourges.)
P. 70, 1. 18. — Puisque nous parlons de l'occupation protestante en 1^62, signalons une délibération du 24 décembre ordonnant « faire ouverture de la rue de la Courdière tendant aux autres rues oiivertes au teneraent' du Plat, » et une autre du iQ janvier mentionnant également la « rue de la Courdière. » Dans le plan de Lyon, dessiné avant juillet 15^9 d'après A. de Montaiglon ÇRevue des Sociétés savantes, t. VIII, p. J 5 0» °" ^'°'t trts nettement indiquée la « rue Belle Courdière. » Ainsi, du vivant de Louise Labé, la rue qu'elle habitait n'était connue que par son surnom.
L'histoire de l'occupation de Lyon par les protestants est encore a faire, et ce sujet est de nature à tenter la plume de M. Raoul de Cazenove.
P. 72, I. 6. — Fils de Cherubino Fortini (mort en 1 54S) et de Cammilla di Amadio Giocondi (décedee le 21 mars 1565), Thomas naquit le 22 septembre 1512. Il avait deux frères, Paolo, le plus jeune, qui habitait Londres en 1560, et Girolarao, mort à Florence le q novembre 1501. C'est dans la fille unique de ce dernier, Cammilla, mariée a Benedetto di Giovanni Baldovineti que s'éteignit le nom et la famille des Fortini, ou, tout au moins, de la branche à laquelle appartenait l'ami de Louise Labé. Grâce à un legs que lui avait fait une certaine « Nicolle Guindri dicte
ISO
la Belle Bolangicre, » nous savons qu'il habitait Lyon dès i;$i. Le 15 juillet 156g, sprès avoir acquitté plusieurs des legs faits par Louise, il constinua deux mandataires: Jean Orlandini, pour administrer le domaine de Parcieu, et Léonard Strozzi pour liquider ses affaires commerciales. En 1572, Nicolas Conselli, « comme fondé de sa procuration, » vient se plaindre aux Recteurs de la « ruyne qui se présente dans la grange de Parcieu. » Depuis lors, nous n'entendons plus parler de lui. Malgré les recherches auxquelles se sont livrés MM. Auguste Conti, président de l'Académie de la Crusca, et César Guasti, surintendant des archives de Florence, — qu'ils veuillent bien recevoir tous mes remerciements ! — aucun renseignement n'a pu être recueil! à partir de cette date sur les Fortini ou les Baldovineti.
Les Fortini portaient: « Un delfino contrariante, cioè azzuro nel campo d'oro, e oro nell' azzuro. n
P. 74, I. 8. — Fortini s'était cependant plaint aux Recteurs, en 1572, par l'intermédiaire de Nicolas Conselli, son mandataire, dé la mauvaise gestion du commissaire qu'on avait mis i Parcieu. Les Recteurs avaient promis d'y mettre ordre, et ils avaient même demandé à cet effet que Fortini leur envoyât une procuration.
P. 75, I. 6. — Si Fortini avait vécu publiquement avec une femme, le curé de Saint-Paul ne lui aurait pas permis de tenir un enfant sur les fonds baptismaux. On lit dans les baptistaires de cette paroisse: « Item, le () mars 1^64, a esté baptizé Tho- « mas, fils de Claude Paraissiére, son parrain le S' Thomas For- « tinny, marraine Marie Debinoz.
« Item, le lù février 1566, a esté baptizé Philiberte, fille de « Germain Vergnie, cordonnier, son parrain Thomas Fortiny «florentin, marraines Anne Coudorphinge et Annttte Re- « gnault. »
P. 75, 1. 25. — La fortune laissée par Louise Labé était relativement considérable. Si on capitalise les pensions imposées sur les immeubles qu'elle possédait à Lyon et dans Its Dombes, afin d'en
ajouter le montant à leurs prix de ventes — ventes faites dans des conditions déplorables — on leur trouve une valeur vénale de 10,250 livres tournois. Quanta sa fortune mobilière, les éléments nous manquent pour l'apprécier : nous savons seulement qu'elle fait des legs en argent pour environ 1,450 livres, et qu'un de ces legs de 1,000 livres doit être prélevé, dit-elle, « sur le crédit de plus grand somme qu'elle a au grand party du roy. »
P. 80, 1. ig. — En 1558, « Anne du Bourg, conseiller au Parlement de Paris, est emprisonné comme hérétique. Le président Fumée, pour éviter un sort semblable, s'enfuit à Genève. » (Mémoires de Claude Haton, etc. Paris, Imprimerie impériale, M DCCC LVII, t. I, p. 84.) S'agirait-il ici de ce Fumée qui fut un des amis de la Belle Cordicre? D'autre part, on lit dans Péricaud: « Maurice Sceve, dont l'cpoque de la mort est ignorée, n'.iurait-il pas été une des victimes des Vêpres lyonnaises ? >t Enfin une lettre du temps nous apprend qu'au moment de la réaction contre les protestants « les Scéve vont à la messe. »
P. 81, I. 4. — Chanoine de Micon en 1552, proto-notaire apostolique en 1555, aumônier du Roi, conseiller d'Etat, grand archidiacre de Cbalon et enfin évèque en 1578, Pontus de Tyard fut appelé par Henri IV, en 1^93, lorsqu'il voulut être instruit dans la religion catholique. (Voir Pontus de Tyard, seigneur de Bissy, depuis évêijue de Chalon, par J.-P.-Abel Jeandet. Paris, Aubry, 1860.) — L'auteur de la vie de Pontus de Tyard a, depuis la publication de son livre, acquis la certitude que Pontus fut d'abord d.<ns les meilleurs termes avec Théodore de Beze, dont il s'éloigna dans la suite, tout en conservant pour lui une sincère estime.
P. 114, l. I. — L'impasse dont il est question fut ouverte en 1 5O2 pendant l'occupation protestante; elle portait en ce temps-là le nom de La Cordtére, ainsi que l'indique la délibération consulaire qui ordonne son ouverture.
P. 114, 1. 5. — Pernctti a itc induit en erreur. On a vu, par
la lecture du testament de Louise Labé et d'autres pièces, que Louise laissa sa fortune à ses propres neveux, Jacques et Pierre Labé, fils de son frère François Labé, et que c'est elle et non son mari qui leur substitua l'Aumône générale.
L'erreur commise par Pernetti ou par son ami M. Besson au sujet de l'héritage arrive à l'Aumône générale est bien excusable, puisque, déjà en 158} (6 juin), on trouve la mention suivante:
« Noble Claude Bcrthier, conseiller du Roy au Parlement de Grenoble, tant en son nom que de D"" Antoine David, sa femme, tient certaine maison que fut d'Ennemond Perrin et après des frères Labé et par le dit Perrin donné après la mort des dits frères Labbè à MM. les Recteurs de l'Aumône générale, desquels les dits Berthier et sa femme l'ont acquis et icelle maison sise, » etc.
Peut-être en testant comme elle l'a fait, la veuve d'Ennemond Perrin a-t-elle simplement exécute les volontés de son mari.
P. 12}, I. 8. — Claude de Rubys a raison quand il nous dit qu'il n'était pas poète, et nous aurions préféré qu'il nous eût conserve les vers de Maurice Scève, de Tailleraont et de Louise Labé, si elle figura dans les « doctes tombeaux. »
P. 123, l. 1 3. — Voir Histoire générale du Dauphiné depuis l'an M de N.-S. jusques à nos jours, par Nicolas Chorier, avocat du Parlement du Dauphiné, à Lyon, che2 Jean Thioly, M DG LXXU, t. II, p. 575.
P. 12Û, I. I. — Le testament de Gabriel de Saconay est du 12 avril 1577, et un codicille y fut ajouté: au domicile du codicillant, à Brindas, le 27 juin 1580. C'est le 13 août de cette même année qu'Anne de Severet, veuve d'Aymé de Saconay, frère du chanoine, agissant en qualité de mère et tutrice de Théode de Saconay, héritier universel, fit demander l'ouverture du testament de son beau-frcre, décédé au chapitre de l'Église de Lyon, le ) août 1580.
Tous les ouvrages de Gabriel ont été imprimés de son vivant, à l'exception du dernier, qui ne par.n't pas avoir été donné à
l'imprimeur aprcs sa mort. L'édition complète de ses œuvres ne parait pas non plus avoir été faite.
P. ia8, I. 2. — Recueil des opuscules de Calvin, Genève, Pinereul, 1566, p. 1825. (Traduction du latin en français par Théodore de Bè^t.)
P. 128, I. 10. — Voir Lettres de Catherine de hUdicis, publiées par M. le comte Hector de La Perrière, t, I, p. 237. — L'original du procts-verbal de Guillaume de Gadaigne est reproduit ici d'après le texte publié, en 1868, dans les Archives des Missions scientijiques et littéraires, 2' série, t. V, p. )68.
^^r^}fi^^rfi^^^^^i
Absent. P. 72, 125. Séparé.
AcERTENER. P. 6. Rendre certain.
AcoiNTER (S'). P. 150. S'unir.
AcROissANCE. P. 145. Croissance.
Adestrer. P. 14a. Rendre adroit.
Adonq ues. p. 129. Alors.
AfFECCION, AfECCIONNÉ. p. 29, ^5, 67, 70-
Sentiment, désir; qui éprouve un sentiment.
AiNçois. P. 131. Plutôt.
AiNS. P. 147. Mais.
Ajourner. P. 147. Faire jour.
Alener. p. 150, Respirer, souffler.
Amiable, Amiablement. P. 29, 59, 79. Aimablo. aimablement.
Amonceler. P. 6]. Transformer en montagne.
Animant, P. 29, 35. Anima!.
Apareiller. p. ioi, 139. Préparer.
ArcTrionfanf. p. 65 . Arc-de-Triomphe.
Ardre. P. 94, 123. Brûler.
AssEMBLEMENT. P. 74. Union.
Asséner Q utLQ u'uN, P. 12, J04. Le frapper.
Atacher. P. 9. Attaquer.
Atourné. P. 153. Paré.
Attache. P. 50. Affiche.
AuTKUi(L'). P. 37. Le bien d'autrui.
AvoLÉ. P. 49. Volôge.
Av'ous? P. 120. Avez-vous?
Bec (Le morceau au). P. 41. La bouche encore pleine.
Benivolence. p. 36. Bienveillance.
Besongner. p. 71. Travailler.
Besongnes. P, 48. Affaires.
Branc. p. 82, 142. Épée courte et large.
Brief (En). P. 83. Bientôt.
Brief. p. 85. Prochain.
Brouilliz. p. 54. Brouille, querelle.
Bruit. P. 16. Réputation.
Brunette. p. 147. Fleur.
Carme. P. 88. Vers.
Caroler. p. 158. Danser, se jouer.
Caut. (Adj.). P. 128. Habile.
Caut. (Subit.). P. 136. Habileté.
Ce. p. 21, 28, 33, 45. Cela.
Ce pendant. P. 16, 27. Pendant ce temp?.
Cerverin. p. 146. Plante autrefois réputée antiaphrodisiaque.
Charactere. p. 59, 75. Signe magique.
Cil. p. 95, 1 58. Celui, celui-ci.
CiTRE. P. 45. Cithare.
CoNGREGACiON. P. 55. Rassemblement.
CoNCLUERRc. p. 82. Conquérir.
CoNTOURNEMENT. P. iij. Roulement.
CoNTREFOUDRE. P. 158. Rival delà foudre.
CoNTREGARDER. P. 44. Préserver.
Converser. P. 49. Fréquenter.
Coucher en chapon. P. 41. Se coucher comme les poules.
Coulomne. P 145. Colonne.
Courage. P. 91, 147, i^i. Cœur.
Crespillon. p. 124. Cheveux crêpés, frison.
Guider. P. 2-, 32. Croire.
Cyne. P. 129. Cygne.
Df pensable, p. 38. Défendable.
Déformité. p. 54. Laideur. Délivre. P. 103. Délivré.
Dlmontrance. p. 67. Démonstration.
l6o GLOSSAIRE,
Demoukée. p. 140. Demeure.
DÉPENDRE, P. 63. Dépenser.
Désateler p. 148. Dételer. -
Desclos. P. 151. Éclos.
Désemplumer. p. 140. Déplumer.
Despendre. P. 94. Perdre.
Despriser. P. 69. Mépriser. . •
Desserrer. P. 1 3 1. Décocher.
Destituer. P. 67. Priver. - ■' ' "•
Destre. P. 1 39. Main droite. ■
Dîne. P. 12, 39, 43, 51, ia8. Digne.
DiNEMENT. P. 35. Dignement.
DiNiTÉ. P. 7, 78. Dignité.
DiscoRD. P. 89. Discorde.
Discourir. P. 160. Révéler.
Dispenser. P. 39. Administrer.
Disputer. P. 67. Discuter.
DoMESTiQ UEMENT. P. 49. Familièrement.
Dont. P. 60. D'où.
DoucELET. P. 132. Diminutif de Doux.
DouciNE. P. 45. Sorte de flûte.
Dousondoyant. p. 147. Ondoyant doucement.
Douter. P. 71. Redouter.
DuiRE. P. 114. Convenir.
Ébanoyer (S'). P. 148. Jouer (Se).
Effort. P. 12, 15. Force.
GIOSSAIRE. l6l
Efroyer. p. 146, 153. Effrayer.
Emmanteler. p. 140. Envelopper comme d'un manteau.
Emmieleur. p. 105. Allécheur.
Encerceler. p. 100. Encercler.
Enchanteresse. P. 15. Magicienne.
Encharger. p. $i. Confier.
Encliner (s'), p. 139. S'intéresser.
Enfariné (Homme). P. 61. Qui a le visage blanc de farine, comme les acteurs de cette époque.
Engraver. p. 88. Graver.
Enrouillé. p. 41. Rouillé.
Enseigne. P. "]. Portrait.
Ensemblement. P. 158. Ensemble.
Enser PENTE, p. 130. Composé de serpents.
Ensuivre. P. 49. Suivre.
Entortiilonner. p. 136. Entortiller.
Environner le tour de... P. 88. Aller autour de...
Épanir. p. 151. Faire épanouir.
Erre (Grand). P. 102, 153. Vite.
Erreurs. P. 148. Courses, détours.
Esclaver. p. 150. Rendre esclave.
Eslargir. p. 113. Donner avec largeise.
Esplingue. p. 41. Épingle.
Estour. p. 89. Bataille.