L'ANCIEN RÉGIME
S'il faut en croire les écrivains qui servent d'interprètes aux partisans de l'ancienne monarchie , nous sommes tombés dans un état de dépravation qui n'a jamais eu d'exemple.
Les principes de morale , les préceptes de la religion, ont perdu leur salutaire influence; il n'y a plus d'union dans les familles; plus d'honneur, plus de probité dans les hommes; plus de modestie , plus de chasteté dans les femmes. La nation française est avilie à un tel point qu'on ne peut y penser sans frémir. Les doctrines révolutionnaires, c'est-à-dire constitutionnelles, ont perverti les habitants des campagnes comme les citoyens des villes ;
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et, si la corruptioD contiauc à se répandre, si Ton ne se hâte de revenir aux mœurs antiques, aux maximes qui réglaient la conduite de nos pères , la société s'écroulera sur ses bases mal assurées ; il ne restera de la France nouvelle que d'informes monuments et de honteux souvenirs.
Telles sont les graves accusations , les menaçantes prophéties qu'on répète chaque jour sur tous les tons , et qui servent d'aliment à l'inépuisable faconde des prédicateurs ambulants, des missionnaires à poste fixe, des écrivains et des orateurs de i8i5. Ils ajoutent que c'est la philosophie du dix-huitième siècle qui a ainsi altéré nos opinions et corrompu nos mœurs. Comme ceci est un fait qu'on peut aisément vérifier, j'ai voulu savoir jusqu'à quel point il était fondé : j'ai eu recours aux mémoires du temps ; non à ces libelles anonymes où le vrai est confondu avec le faux, mai» à des ouvrages avoués de leurs aateuns et qui jouissent de l'estime publique. Ce ne sont pas même des écrivains philosophes que j'ai consultés : leur autorité , qui me parait