‹ Œuvres de M.A. Jay (volume 2)Chapitre 8 sur 32 · HOTES · texte numérisé non relu

HOTES

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Marivaux et La Chaussée.

Je ne puis me résoudre à mettre ces deux écrivains sur la même ligue. Ils se sont tous deux écartés du véritable genre de la comédie ; mais le premier m'intéresse moins que le second. Celui-ci a de la noblesse , du sentiment, et rencontre même quelquefois le sublime. Tel est le trait suivant de F Ecole des maris. Montrose, que ses vertus n'ont pu sauver de la calomnie et du malheur, s'écrie:

Qu'est-ce qu'un scélérat a de plus à souffrir?

HORTEN8I.

Le remords.

Marivaux avait des prétentions à la gaité ; mais la première condition du trait* comique çst d'être naturel. Les efforts de cet écrivain pour s'approcher de la nature sont rarement heureux ; il est toujours maniéré , même lorsqu'il veut être naïf. Ses romans sont très supérieurs à son théâtre. En général , c'est un auteur agréable à lire-, mais on ne

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saurait trop répéter que c'est un modèle détestable

à suivre.

La gaîté française, repoussée du drame, adopta la comédie-vaudeville, qui livre à la risée publique les caprices de la mode et les ridicules du jour. De ce genre vraiment national est sorti l'opéra-comique , dont les succès sont dus à la réunion de deux arts séducteurs. Pendant le dernier siècle, la tragédie lyrique s'est aussi soutenue avec éclat sur un théâtre où les arts d'imitation se plaisent à étaler leurs merveilles. Ces derniers genres nous ont laissé quelques modèles avoués par le goût , et dignes de contribuer aux plaisirs d'une nation éclairée.

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Bat/le, Lenfanij Batnage, Saurin , etc.

Tout homme qui n'est point étranger aux lettres connaît le premier de ces écrivains , dont la renommée augmente à mesure qu'elle s'avance dans l'avenir.

Lenfant a laissé deux histoires estimées, l'uj|* du concile de Constance, et l'autre du concile àe

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Vise. Le style de ces deux ouvrages n'offre aucune de ces locutions étrangères qu'on reprochait aux réfugies. Lenfant mourut à Berlin en 31728.

Basnafe de Beauval, plus recommandable comme savant que comme écrivain, a composé plusieurs histoires pleines d'érudition et de recherches curieuses, «pitre autres VJUiatoim de tÉgUse et celle des Juifs. Mort en Hollande dans l'année 1723.

Saurin suivît d'abord la carrière militaire, et la quitta pour se livrer aux travaux du ministère évangélique. Retiré dans les Provinces-Unies, il j prêchait avec un grand succès. C'était un homme aussi respecté pour ses vertus qu%dmiré pour son éloquence. Les protestants le regardent comme la premier de leurs

On doit joindre à ces hommes estimables H J*r borieux Àbbadie et Beauaohre. Ce dernier ataf rendu célèbre par un* histoire critiqua de Manès et dij manichéisme , dopt le style masque quclf quefois de correction , mais où l'on trouve une crir tique judicieuse, des vues saines et un grand amour pour la vérité. «

JL(>4 NOTES.

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Thomas, qui se présente dans cette tionveUe carrière, y triomphe d'abord sans rivaux.

II jne semble que la réputation de Thomas n'est pas égale à son mérite comme écrivain et comme philosophe. Il avait une £me élevée, une grande étendue d'esprit, et l'art de généraliser ses idées; une morale pure, des aperçus neufs et judicieux, et l'enthousiasme de la vertu, caractérisent ses productions.

Il tendait de toute l'énergie de sa volonté et de toute la force de son talent vers la sublimité de la pensée et de l'expression , et son style se ressent quelquefois de cet effort continuel. Nulle trace de ces défauts ne se fait apercevoir dans une grande partie du bel éloge de Descartes , dans l'éloge tout entier de Marc-À urèle, et dans Y Essai sur Us éloges, l'une des productions les plus distinguées de la littérature française.

Tandis que certains hommes de lettres jouissent, même de leur vivant , d'une renommée au-dessus de leur mérite réel , d'autres attendent long-tempa

le jour de la justice. Il arrive enfin -, et la postérité 9 qui ne partage ni les haines ni les partialités contemporaines, assigne à chacun le raqg qu'il a mérité par son génie et par ses travaux. Thomas n'a rien à craihdre de ce tribunal redoutable; il sera toujours considéré comme l'un de nos écrivains les plus vertueux et les plus éloquents*

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Saint-Lambert.

Le poème des Saisons a été parmi nous le premier modèle du genre descriptif. Il est vrai que le poème de TAorieulturt) par Rosset , avait été composé vers l'an 1741; mais il est certain qu'il ne parut qu'après la publicatidh de celui de Saint-Lambert. Ce dernier poète comprit qu'il était temps de renoncer aux fictions mythologiques et d'étudier la nature avant de la peindre. Son poème est ïempli'de descriptions neuves, de pensées nobles et de contrastes bien ménagés. Il respire cette douce mé- . lancolie avide d'illusions et de souvenirs. L'auteur ne cherchait à. plaire que pour être utile , et il parvient â fixer les regards superbes de l'opulence sur les travaux des champs et sur l'humble asyle du laboureur.

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