‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 159 sur 179 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

«die posthume, intitulée la Famille bretonne. If. Lorsqu'elle a été représentée pour la première «fois, ce chapitre était depuis long-temps ter- « miné ; mais un article à part ne sera pas de trop « pour elle. La vivacité bretonne , la tendre ami- « tié, les querelles, les racommodemens des deux « frères , Germain et Marcel, remplissent trois « actes , filés avec art. Les naïves amours du fils « de Germain et de sa jeune cousine font partie « de l'action ; car le voisin Hilaii^e a une fdle à « marier. Le fils de Germain sera riche; et, selon « que les frères sont bien ou mal ensemble , Fir- « min doit épouser tantôt sa cousine, et tantôt la « fille du voisin. Madame Germain est d'un ca- « ractère aimable. Par la douceur et l'adresse, elle « parvient souvent à réconcilier son beau-frère « et son mari; mais nul n'y contribue aussi bien « (\\xHilaire, et précisément par les efforts qu'il « fait pour les brouiller sans cesse. Ce sont là « des idées ingénieuses , de véritables ressorts « comiques. La diction d'ailleurs est correcte , la «versification facile, le dialogue rapide. Le pre- « mier acte est excellent d'un bout à l'autre. Le « second se soutient par les détails , et mieux en- « core par deux scènes originales.

« Le troisième languit d'abord ; mais bientôt il « se relève ; et le dénoùment ne saurait être plus « heureux. Cette jolie pièce, l'une des meilleures

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« comédies de Colin , par conséquent de toute l'é- «poque, est précédée d'un prologue non moins « joli , composé par M. Andrieux. Les deux poè- « tes, les deux amis sont en scène : on croit les «entendre, et distinguer même les styles qui se « mêlent sans se confondre. Ce prologue a été « vivement applaudi. La pièce a joui d'un succès (( brillant, et que personne n'a contesté; car on « aime à rendre justice aux talens qui n'existent « plus. »

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