‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 30 sur 179 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

rapide le rend intéressant à lire; des connaissances bien étendues et bien distribuées le recommandent comme un livre utile.

En législation civile, il a paru un ouvrage important, et qui tous les jours se continue : c'est un recueil où sont traitées, selon l'ordre alphabétique , les questions le plus fréquemment agitées dans les tribunaux. On doit ce recueil à M. Merlin, si connu, dès sa jeunesse, par les excellens articles dont il a enrichi le Répertoire de jurisprudence, plus célèbre encore par ses travaux législatifs, et qui, dans l'opinion publique, occupe une place éminente entre les jurisconsultes vivans. Les Elémens de législation^ par M. Perreau, sont d'un écrivain sage et d'un bon citoyen. Il est juste de distinguer aussi l'écrit de M. Bourguignon sur la magistrature considérée dans ce qu elle fut et. dans ce quelle doit être. L'auteur entend par magistrats les fonctionnaires publics attachés à l'ordre judiciaire. Cette dénomination, jadis usitée parmi nous, manque peut-être de justesse. Quoi qu'il en soit , l'ouvrage a du mérite ; mais on en trouve bien davantage dans les trois discours du même auteur sur les Moyens de perfectionner en France V institution du juiy. Le premier fut couronné, il y a sept ans, par la seconde classe de l'Institut; les deux autres furent composés depuis, .soit pour éclaircir des points obscurs, soit pour

répondre à des objections récentes. Nous ne pouvons passer sous silence le livre de M. Bexon sur la sûreté publique et particulière. Après avoir été publié sous les auspices de S. M. le roi de Bavière, il a joui d'un brillant succès dans plusieurs contrées de l'Europe. Le Code lui-même dépasse notre compétence ; mais le discours étendu qui le précède appartient à la littérature des sciences politiques. Il contient des idées profondes et bien exprimées sur l'esprit de toute législation, spécialement de la législation pénale: les principes de Montesquieu, de Beccaria, y sont présentés sous des points de vue qui les étendent ; et les lumières de l'auteur ne sauraient être contestées avec justice.

Toutefois, long-temps auparavant, et dès la seconde année de notre époque, JM. Pastoret avait publié sa Théorie des lois pénales y production plus intéressante encore sous l'aspect littéraire et philosophique. Dans les quatre parties de son ouvrage , l'auteur examine successivement les principes généraux de la législation pénale, les diverses natures de peines, les rapports nombreux qu'elles embrassent, enfin la proportion qui doit exister entre les châtimens et les délits. On a lieu de .s'étonner qu'en admettant le droit de punir il n'admette pas le droit de faire grâce. Montesquieu le regardait comme inhérent aux mo-

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