CHAPITRE V
mule Louis XI. Seyssel, historien de Louis XII, est peu cligne de son héros. Brantôme n'a droit d'obtenir place que parmi les compilateurs d'anecdotes. Sully, Péréfixe, graves et dignes de confiance , se soutiennent par leur sagesse , et par l'intérêt qu'inspire Henri IV. Il est fâcheux que l'habile et judicieux De Thou n'ait pas écrit en français. Mézerai , qui vint ensuite , publia l'Histoire complète de la monarchie française. Contemporain de Richelieu , il manifesta des opinions indépendantes. Il y a du nerf et de l'originalité dans sa diction, souvent trop familière; quelquefois même il atteint à l'éloquence; et, malgré tout ce qui lui manque, il l'emporte sur Daniel, et à beaucoup d'égards sur Véli et ses deux continuateurs. En racontant la conquête de la Franche- Comté, Pélisson, d'ailleurs si correct, fut moins historien que panégyriste. Bossuet , dans son Discours sur rhistoire universelle , allia les vues religieuses d'un pontife aux formes d'un grand orateur. Saint -Real, qui plus d'une fois porta le roman dans l'histoire, acquit une renommée durable par son élégant récit de la conjuration de Venise, où pourtant il n'est point l'égal de Salluste, quoiqu'on l'ait souvent affirmé. Si quelque Français rappelle la manière brillante et ferme du peintre de Catilina, c'est assurément le cardinal de Retz, mais seulement lorsque son stvle s'élève;
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car cet historien, digne de la Fronde, unit comme elle le grave au comique ; et , dans les récits d'anecdotes, madame de Sévigné n'est pas plus naturelle , Hamilton n'est pas plus plaisant. Après les Mémoires de Retz, mais à une longue distance, ceux du duc de Saint-Simon se font remarquer par la franchise du style et par de curieux détails. En écrivant l'histoire de quelques révolutions célèbres, Vertot, disciple de Sauit- Réal, se fit une réputation plus solide et plus étendue que celle de son maître. Sur des sujets du même caractère, le jésuite d'Orléans ne déploya pas un talent du même ordre. Un autre jésuite. Rongeant, mérite plus d'éloges par sa judicieuse histoire du traité de Westphalie. Celle de la ligue de Cambrai ne fait pas moins d'honneur àl'abbéDubos. Élève des historiens de l'antiquité, Rollin, qui les traduit ou les commente, fut simple, élégant et facile, au moins dans son Histoire ancienne; mais, comme il écrivait pour l'enfance, les lecteurs d'un autre âge ont droit de lui reprocher des réflexions puériles, et même une crédulité trop complaisante. Au milieu du dernier siècle, le président Hénault rédigea, sur un plan neuf et bien conçu, son Abrégé chronologique de l'Histoire de France , livre qui sera long-tem ps utile , malgré des inexactitudes reconnues, et des omissions que l'on peut croire involontaires. Deux hommes