‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 79 sur 179 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

républiques; et enfin l'affranchissement de toutes les villes italiennes vers les derniers temps du onzième siècle. Après ces origines mêlées de ténèbres, et pourtant développées par M. Sismondi avec autant d'érudition que de clarté, viennent des époques plus brillantes. La résistance des deux ligues lombardes aux empereurs Frédéric Barberousse et Frédéric II inspire surtout un vif intérêt. En général , tout ce qui concerne les Guelfes et les Gibelins est soigné dans cette histoire ; et nulle part ne sont mieux retracées ces interminables guerres civiles qu'excita dans toute l'Italie la rivalité de l'empire et du sacerdoce. A l'ensemble de la composition, à l'esprit général, au caractère de plusieurs détails , l'auteur semble un élève de Muller, que d'ailleurs il vante beaucoup, peut-être même un peu trop, quel que soit le mérite de cet historien. Comme lui, M. Sismondi joint une raison forte à des connaissances étendues; mais il est plus inégal que Muller; et ses écrits ont souvent de la sécheresse : ce qui ne vient pourtant pas d'un excès de précision. Quelquefois, en récompense, il sait donner de la couleur à son style : des traits nerveux , des expressions brillantes, et de temps en temps d'assez belles pages , annoncent que la hauteur de l'art d'écrire ne lui est pas inaccessible. Son livre, déjà très-recommandable, est digne d'être perfectionné :

i8o LITTÉRATURE FRANÇAISE,

en peu de temj3s il a obtenu deux éditions; quelques efforts de plus lui obtiendraient un rang assuré parmi les bons livres.

IJ Histoire de Laurent de Médicis , et Y Histoire du pontificat de Léon X^ toutes deux composées en anglais par Roscoé, ont été traduites en français , la première par M. Thurot , la seconde par M. Henry. Ces traductions nous ont paru correctement écrites; et c'est, après la fidélité, le seul mérite dont elles fussent susceptibles ; car l'auteur lui-même, satisfait d'instruire ses lecteurs, ne semble prétendre ni à la chaleur ni à l'éclat. Le fond des ouvrages est d'ailleurs aussi riche qu'intéressant. Fils de Côme de Médicis, qui, simple citoyen de Florence , obtint le plus glorieux des titres, celui de père de la patrie ^ Laurent fut surnommé le Magnifique, et laissa un glorieux souvenir, bien moins pour avoir préparé la haute illustration où parvint depuis sa famille que pour avoir noblement protégé les arts et les lettres. Comme son père, et avec plus de grandeur encore , il accueillit et Lascaris et Chalcoudile, et tous ces Grecs réfugiés qui survivaient à Tempire d'Orient. Avec eux se rassemblaient les savans de l'Italie, entre autres cet Ange Politien, littérateur habile, érudit, laborieux , poète élégant et digne précepteur de Léon X. Ce fut encore dans ces jardins de Médicis,

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