‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 82 sur 179 · CHAPITRE V. i8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. i8S

(le l'histoire, et jjrofesse , sans les affaiblir, les énergiques théories tle la liberté civile et politique. L'analyse fidèle des actes écrits du gouvernement, et des principaux débats parlementaires , en augmentant l'intérêt de son ouvrage, lui donne encore, aux yeux des lecteurs attentifs, une irrécusable authenticité. Ce n'est donc pas à tort qu'il a obtenu beaucoup de succès en Angleterre. Il n'en obtiendra pas moins en France, lorsqu'au lieu d'une version sèche, incorrecte et tronquée, nous en posséderons une traduction complète, et rédigée sans négUgence.

hoiiis XIV ^ sa Cour et le Régent: tel est le titre d'un ouvrage publié par Anquetil , il y a peu d'années, et dont beaucoup de pages se retrouvent , avec de légers changemens , dans les derniers volumes de son Histoire de France. L'auteur écrivait pour amuser sa vieillesse : ce qui réclame l'indulgence. On ne saurait pourtant dissimuler combien il est inférieur à son sujet, et l'on ne conçoit pas aisément qu'il ait cru pouvoir lutter contre une des plus belles productions du génie de Voltaire. Il la cite quelquefois, mais toujours en l'attribuant à M. de Francheville , soit qu'une telle affectation lui ait paru plaisante, soit qu'il ait ignoré, chose peu probable, qu'en pubhant le Siècle de Louis XIV Voltaire se cacha d'abord

sous ce nom factice. Anquetil, dans la seconde partie de son livre, est en concurrence avec Duclos et Marmontel, dont les talens auraient dû suffire pour intimider le sien. Il ne faut chercher, en lisant son ouvrage , ni des aperçus nouveaux , ni des récits animés, ni un style brillant, ni même une diction correcte. Ce que l'on y trouve de mieux est tiré des Mémoires de Saint-Simon ; encore avouons-nous à regret que trop souvent l'auteur les gâte, en évitant de les copier servilement. Ces Mémoires, restés long- temps manuscrits, mais dès-lors connus de nos historiographes et de quelques autres gens de lettres, n'ont été imprimés que dans les commencemens de la révolution, ainsi que les Mémoires secrets écrits par Duclos sur la fin du règne de Louis XIV, sur la régence et sur une partie du règne de Louis XV : mais, Duclos étant mort il y a près de quarante ans, et Saint-Simon plus de trente ans avant Duclos , nous avons du considérer les deux ouvrages comme antérieurs à notre époque , et c'est dans le préambule du chapitre que nous en avons dit quelques mots. C'est ici au contraire que nous parlerons des Mémoires sur la minorité de Louis XF , publiés, il y a huit ans, sous le nom de Massillon ; car ces Mémoires, évidemment supposés , appartiennent au temps mémo où ils ont paru. Ils sont adressés à Louis XV, et d'après

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