CHAPITRE V
son ordre , suivant le texte d'une lettre improprement appelée préface. Il serait à désirer qu'une telle idée fût venue à ce prince : elle lui eût fait honneur; et nous aurions un chef-d'œuvre de plus. Le prélat illustre qui, dans la chaire, avait si bien instruit un enfant roi, sans doute, en un récit véridique, n'eût pas moins utilement instruit sa jeunesse; et le plus élégant des orateurs eût encore été le plus élégant historien. Mais le piège tendu à la curiosité publique n'est pas difhcile à reconnaître. En effet, quelles pensées et quelles expressions! Le duc d'Orléans se détermina pour la chambre de justice, /j>«r la seule raison que le duc de Noailles n avait pas voulu en démordre; l'abbé Dubois avait été mis par feu M. de Saint-Laurent, gouverneur du régent, alors duc de Chartres, pour lui faire seulement des répétitions de latin; et trois lignes plus bas: il lui faisait tous ses thèmes^ et faisait croire par là des progrès, qui dans le fond n étaient quune tricherie; M. d'Arménon ville était friand de toute prévarication; M. de Breteuil était un de ceux dont madame de Prie s'accommodait le mieux pour les momens d'infidélité à l'égard de M. le duc ; le roi d'Angleterre Georges I^^ était ^véritablement un bon et brave gentilhomme ; une princesse portugaise avait un sang redoutable et un soupçon de Jolie ; mademoiselle de A'^ermandois avait fait
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parler d'elle; quant à la fille de Stanislas, o« disait des choses admirables de ses qualités de corps et cF esprit; madame de Prie voulait s'en faire un appui plus solide que les faveurs de M. le duc; elle fit nommer Vanchoux, ^owr aller faire un dernier examen plus particulier de la personne de la princesse; on se décida malgré la duchesse de Lorraine^ enragée de la préférence ; madame la duchesse, enragée, osait presque vouloir que l'on substituât mademoiselle de Charolois ou mademoiselle de Clermont; la duchesse d'Orléans enrageait de voir la maison de Coudé s'élever; madame de Prie était-elle en état de lui faire connaître votre majesté : ce qui eût du être l'objet principal? Ni M. le duc y ni elle ^ ne la connaissaient point ; c'est la reine d'Espagne quia songé à mettre votre majesté hors d'état d'avoir ^o^/e/ïVe; sa majesté n'avait assurément aucune idée sur les devoirs du mariage : le tempérament ne disait rien. Certes, Massillon ne se fût jamais permis cet amas d'incorrections, de triviahtés , d'indécences. Massillon n'eût pu écrire: la compagnie de la Emilie, danseuse de l'Opéra, avec qui reposait le duc d'Orléans, n'était pas naturellement celle en laquelle on devait disposer d'un siège ecclésiastique; encore moins eût-il ajouté, de peur de n'être pas entendu : la Emilie et ses charmes furent pris à témoin de la parole qu'il venait de