SUR LA TRAGÉDIE DE FÉNELON
littéraires , où la raison est embellie des couleurs de l'imagination, comme une occupation incompatible avec des études austères , ou trop frivoles pour des hommes revêtus d'un caractère public. Sans même citer l'exemple et l'autorité de Cicéron, cet immortel honneur du barreau , du forum et du sénat de Rome ancienne, ce n'est point à l'auteur qui a esquissé les portraits du chancelier de l'Hôpital et de Fénélon qu'il appartient de dédaigner, dans aucune circonstance de sa vie, les fleurs de la belle littérature que ces hommes illustres ont su cueillir au milieu des soins et des devoirs nombreux de leur vénérable ministère; mais , livré tout entier à des travaux indispensables pour fonder en France l'enseignement public et l'éducation nationale, après avoir coopéré de tous mes faibles moyens à ce grand bienfait que le peuple français a droit d'attendre de ses représentans, je rentrerai dans le silence du cabinet ; et, encouragé par le souvenir d'avoir siégé dans une assemblée qui a présidé au berceau de la République, j'attaquerai encore au théâtre les préjugés de toute espèce qui voudraient relever la tète ; j'y ferai verser quelques larmes sur les héros qui ne sont plus ; et je contribuerai peut-être, dans cette espèce de tribune, à perfectionner les mœurs sociales, et à former insensiblement des hommes nouveaux pour les lois nouvelles.